Est-ce vraiment le moment d’investir dans l’immobilier en France ?Le climat politique instable et les tensions géopolitiques accrues font peu à peu passer tous les signaux au rouge. Pourtant, la période reste idéale pour les acheteurs finançables qui se retrouvent en position de force. En effet, à la rentrée, les présidentielles risquent de capter toute l’attention et faire passer les achats immobiliers au second plan des priorités des ménages. Les vendeurs vont donc devoir accepter de négocier avec les acquéreurs présents. Si vous comptez investir, vous pourrez donc négocier un tarif attractif (voir ci-dessous) et profiter, en plus, d’un coup de pouce fiscal en louant votre bien. De quoi vous assurer un rendement très correct. Seules conditions pour espérer des revenus réguliers et pérennes et une plus-value à terme : bien choisir son emplacement et investir dans une optique de long terme. Bref, revenir aux fondamentaux de l’immobilier, que l’envolée du marché au début des années 2020 a fait perdre de vue au plus grand nombre. Alors que le taux des prêts immobiliers se stabilisait autour de 3,20 % en moyenne en mars 2026, ils ont légèrement progressé depuis le déclenchement de la guerre en Iran. Malgré tout, se constituer aujourd’hui un patrimoine à crédit reste intéressant et l’immobilier est l’une des rares catégories de placements permettant de recourir au levier.Affiner sa stratégieBonne nouvelle, "les banques recherchent des clients et même si elles privilégient toujours les propriétaires accédants, désormais les dossiers d’investisseurs ne sont plus rejetés systématiquement", constate Laura Martino, directrice des partenariats bancaires chez Cafpi. Malgré tout, les établissements financiers demeurent prudents avec les projets locatifs. Pour décrocher votre financement, vous devrez donc affiner votre stratégie.S’il vous reste encore des mensualités de crédits à rembourser (solde pour l’achat de votre résidence principale, prêt travaux, etc.), obtenir un prêt dans la banque où vous avez domicilié vos revenus se fera toujours plus facilement. En effet, le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) impose des conditions d’octroi de prêt strictes : la totalité des en-cours de crédit d’un emprunteur ne doit pas dépasser 35 % de ses ressources. "Les banques ont la possibilité de déroger à ce critère pour une petite frange de leurs clients, notamment ceux dont les revenus sont évolutifs ou dont le reste à vivre reste élevé", explique Ludovic Huzieux, président d’Artémis courtage.La hausse des taux pour les crédits © / Freepik - L'ExpressSi vous faites partie de ces clients au meilleur profil, blindez votre dossier de financement pour optimiser vos chances en prouvant que vous avez vérifié la qualité de votre investissement. La banque examinera l’emplacement du bien, puis la tension locative de la ville où vous projetez d’acheter. Prouvez-lui que vous avez vérifié ces deux données avec des expertises et des études de marchés, elle estimera aisément que vous n’aurez pas de mal à louer. Enfin, dans le cas d’un projet de rénovation, faites-lui miroiter le potentiel de plus-value à terme. Là encore, appuyez-vous au maximum sur des analyses chiffrées émanant de professionnels. Si, en plus, vous affichez un profil d’emprunteur rassurant, par exemple en lui rappelant que vous êtes rarement à découvert, épargnez sur différents placements, disposez d’un apport d’au moins 10 % du montant de l’investissement et avez une situation professionnelle stable, vous cumulerez de nombreux atouts.La possibilité de faire appel à un courtierSi votre banque accepte de vous accorder un prêt locatif, la mise à disposition des fonds sera souvent plus rapide que si vous souscrivez votre emprunt dans un autre établissement. Mais si elle renâcle à financer votre projet, pour éviter de rater des opportunités de marché, passez par un courtier. Il montera le dossier le plus séduisant possible avant de le proposer aux banques les plus aptes à vous accorder leur confiance selon leurs objectifs du moment. Il vous fera profiter aussi de ses meilleures astuces, par exemple en fournissant des évaluations de loyers réalisées par des agents immobiliers locaux. Aujourd’hui, les banques intègrent de 80 à 90 % de ce montant dans leurs calculs de solvabilité. Si vous projetez d’acheter un bien ancien à rénover, joignez aussi à votre demande de crédit des devis d’artisans pour chiffrer le montant des rénovations envisagées.Dans tous les cas, n’hésitez pas à négocier, à la baisse, le taux proposé ainsi que les à-côtés (assurance du crédit, garantie loyers impayés, etc.) car les tensions géopolitiques sont en train de refroidir beaucoup d’acquéreurs. Pour atteindre leurs objectifs commerciaux, les banques se révéleront davantage à l’écoute de clients sérieux avec un projet mûrement réfléchi. Profitez-en.