Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Culture Culture Culture Tribune Robert Guédiguian Cinéaste Dans une tribune au « Monde », le réalisateur estime que la « bataille culturelle » contre l’extrême droite est nécessaire mais doit veiller, dans ses formes, à s’adresser au public le plus large possible. Publié aujourd’hui à 08h30 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés [Cette tribune reprend un discours prononcé le 21 mai à la Bourse du travail de Saint-Denis, dans le cadre d’une soirée de rencontres intitulée « Contre la criminalisation de l’antifascisme ».] Avec Brecht, qui s’y entendait en montée du fascisme, et dans le débat qui fait rage, je vais dire quelques mots sur ce que l’on appelle la « bataille culturelle ». L’expression revient toutes les cinq minutes dans la bouche des commentateurs et des artistes apeurés par la catastrophe qui est déjà là : subventions coupées, festivals asphyxiés, menaces sur l’audiovisuel public et sur le Centre national du cinéma, concentration des médias, etc. Je crois bien sûr qu’il faut se battre contre ces attaques sur le terrain où elles se déroulent, c’est-à-dire le terrain politique, avec les associations, les syndicats et les partis, en réclamant de nouvelles réglementations, et en demandant aux futurs candidats à toute élection des engagements fermes sur ces questions. Tout cela nous le savons, mais je voudrais envisager les choses d’une autre manière. On entend parler de plus en plus chez les producteurs de culture, ceux qui fabriquent des objets artistiques, de cette fameuse « bataille culturelle » urgente face à une possible victoire du Rassemblement national aux présidentielles. Passons sur le fait que cette bataille aurait dû être menée depuis au moins 2002 et qu’il faudra la continuer après 2027, car le ventre d’où a surgi la bête immonde, comme disait Brecht, ne cessera pas d’être fécond – sauf à supprimer l’origine du mal. Les incantations ne suffiront pas Mais soyons concrets car les pétitions, déclarations, incantations et lamentations ne suffiront pas. Si urgence il y a, il faudrait avant tout geste artistique se poser la question de savoir en quoi ce geste propose des comportements, des sentiments, des imaginations, des envolées qui s’opposent à l’idéologie de l’extrême droite. Ensuite, et peut-être est-ce encore plus important, il faut réfléchir et choisir des formes qui puissent atteindre d’autres électeurs que ceux que nous touchons depuis toujours. Il faut sortir le plus vite possible de l’entre-soi dans lequel nous vivons, producteurs et consommateurs d’art, contents de nous avec nos œuvres autoproclamées radicales. Il vous reste 48.21% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Robert Guédiguian, cinéaste : « Il faut sortir de l’entre-soi dans lequel nous vivons, producteurs et consommateurs d’art, contents de nous avec nos œuvres autoproclamées radicales »
TRIBUNE. Dans une tribune au « Monde », le réalisateur estime que la « bataille culturelle » contre l’extrême droite est nécessaire mais doit veiller, dans ses formes, à s’adresser au public le plus large possible.
















