C’est une décision qui ne passe pas pour ces parents d’élèves du collège de l’Ermitage, à Soisy-sur-Seine (Essonne). Une trentaine d’entre eux s’était réunie devant l’établissement où sont scolarisés leurs enfants, mercredi 20 mai au matin, pour demander le maintien de la préparation des repas du midi au sein de la cantine de l’établissement de 520 élèves.Cette levée de boucliers fait suite à la volonté du conseil départemental de l’Essonne de centraliser la préparation des repas chauds de plusieurs établissements secondaires. À partir de la rentrée scolaire prochaine, le déjeuner des 490 demi-pensionnaires du collège de l’Ermitage seront préparés au sein d’une unité centrale de production basée à Wissous (Essonne), et non plus dans la cuisine de l’établissement, comme c’est actuellement le cas.Une décision incompréhensible pour les associations. « On a une cantine complètement fonctionnelle. Tout est préparé sur place le matin pour le midi », explique Mélodie Rakoto, référente de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) au sein de l’établissement, qui pointe un « problème de logique ». Les repas seront préparés la veille et acheminés tous les jours par camions réfrigérés, comme c’est déjà le cas dans une cinquantaine de collèges du département. La cuisine du collège servira alors à réchauffer les plats et à préparer les entrées, crudités et desserts, qui seront toujours confectionnés sur place.« Parce que les repas seront faits en avance et conservés au froid, les goûts et les textures risques d’être altérés. En termes de nutrition, on risque de perdre beaucoup », craint Mélodie Rakoto, qui a deux enfants scolarisés à l’Ermitage - un fils en 6e et une fille en 3e. « On nous parle d’environnement, de responsabilité. Mais transporter ces repas dans des contenants à usage unique, alors que tout est fait sur place actuellement, ce serait une catastrophe », renchérit-elle.De son côté, le Département assure qu’il s’agit uniquement d’un changement de mode de fonctionnement. « Nous conservons la même qualité et les mêmes produits. Cette méthode existe déjà dans d’autres collèges du département et cela donne satisfaction », assure Jérôme Bérenger, maire (Les Républicains) de Viry-Chatillon et vice-président du Département de l’Essonne en charge des collèges. « Nous utilisons des barquettes en celluloses conformes aux exigences réglementaires. Ce ne sont pas des plastiques ou des emballages qui contiennent des perturbateurs endocriniens », précise-t-il.Un problème de méthodeAu-delà du fond, c’est aussi la forme qui a heurté les parents d’élèves. La FCPE et la Fédération des Parents d’Élèves de l’Enseignement Public (PEEP), les deux associations présentent au sein de l’établissement, assurent n’avoir jamais été concertés en amont. « On a appris cette décision lors d’un conseil d’administration. Nos enfants mangent à la cantine, mais on n’a pas notre mot à dire. Or, on a besoin de s’assurer que les élèves mangent correctement à midi. C’est un sujet central », appuie Mélodie Rakoto.La FCPE et la PEEP ont alors cosigné un courrier à destination du Département. Une première rencontre avec des représentants départementaux s’est tenue le 6 mai dernier, sans que cela n’apporte de réponses, déplore Mélodie Rakoto. Une pétition, lancée quelques jours plus tard, a rassemblé plus de 500 signatures.Car, suite à l’annonce de la décision, de nombreux parents ont fait part de leur incompréhension. « Il y a un problème de coût écologique. Pas sûr que ce soit très intelligent de faire venir de la nourriture en camion réfrigéré », s’interroge Florent, ancien chef à domicile et père d’une élève de 5e à l’Ermitage. « Une cuisine centralisée, ça veut dire forcément que les recettes sont normalisées. Ça perd également de son charme sur l’artisanat. »Le Département se veut rassurantSur ce point, Jérôme Bérenger se veut rassurant : « Je comprends l’inquiétude des parents d’élèves. C’est pourquoi nous leur avons proposé de visiter l’unité centrale de Wissous. Nous les avons aussi invités à manger dans un collège déjà livré. » À terme, la cuisine de Wissous devrait livrer une douzaine d’établissements. Au total, l’Essonne compte actuellement sept unités centrales de préparation.Concernant les trois employés de la cantine de l’Ermitage, deux d’entre eux, dont le chef, devraient rester sur place. « La troisième s’est vue proposer des postes dans le secteur. Nous gardons le personnel. Ce seront toujours des agents du Département qui prépareront les repas », assure Jérôme Bérenger.
« On n’a pas notre mot à dire » : Dans ce collège de Soisy-sur-Seine, les parents veulent conserver leur cantine
Des parents d’élèves du collège de l’Ermitage à Soisy-sur-Seine protestent contre la décision du conseil départemental de l’Essonne de ne pl










