Lancée à l’automne 2025, l’initiative Jaguar Rivers vise à reconnecter des surfaces protégées, comme des parcs nationaux, séparées par de vastes zones agricoles ou urbaines et des obstacles comme des barrages qui empêchent la circulation naturelle de la faune. Le projet, cyclopéen, s’étend sur une bonne partie du continent sud-américain, à cheval sur quatre pays: la forêt atlantique et le Pantanal brésiliens, les parcs nationaux d’Iberá et d’El Impenatrable du nord de l’Argentine, les jungles du Paraguay. Il est porté par quatre ONG locales (Nativa, Moisés Bertoni, Rewilding Argentina et Onçafari).Au total, la surface concernée représente 1,6 million de kilomètres carrés, soit trois fois la surface de la France métropolitaine. Les espaces gérés par les quatre ONG fondatrices sont reliés par 7000 kilomètres de cours d’eau, qui tous se jettent dans l’immense Paraná, fleuve géant d'Amérique du Sud, qui a servi à établir les frontières entre le Paraguay, l'Argentine et le Brésil. Cet espace constitue le sixième plus grand bassin versant du monde, et le deuxième du continent sud-américain.L’idée est de se servir de ces cours d’eau comme de corridors riverains via lesquels la faune pourra se déplacer sans danger, se reproduire pour maintenir la diversité génétique et jouer son rôle pour restaurer ou entretenir la bonne santé de l’ensemble de l’écosystème. Le tout en coexistant avec les humains qui habitent et exploitent ces régions, ce qui n’est pas le plus simple.