Pas de « divergence » mais des « arbitrages » à venir. La candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle 2027, Marine Le Pen, a assuré ce vendredi 22 mai sur BFMTV et RMC qu’elle « fera la campagne » de Jordan Bardella, le patron du parti d’extrême droite, si son inéligibilité est confirmée par la cour d’appel de Paris le 7 juillet.« Si je suis candidate, il sera mon Premier ministre. (…) Et si je ne suis pas candidate, je ferai la campagne de Jordan Bardella », a-t-elle déclaré, assurant n’avoir « pas de divergence » avec l’eurodéputé.« Je sens que ça plairait à certains qu’on ait des différences considérables. On n’en a pas », a-t-elle lancé.Ces dernières semaines, Jordan Bardella cherche à se rapprocher des grands patrons, dans l’espoir de convaincre les milieux économiques et les électeurs de droite. Une ligne pro business qui se distingue de celle de Marine Le Pen.« Nous avons défendu le même programme en 2022 et en 2024 »De quoi s’interroger à moins d’un an de la présidentielle : le programme défendu par Marine Le Pen sera-t-il exactement repris par Jordan Bardella ? « Je ne peux pas vous dire ça, parce que nous allons être amenés, Jordan et moi, à faire des arbitrages », répond la députée du Pas-de-Calais.« Je crois qu’on a la même vision économique. D’ailleurs, nous avons défendu le même programme en 2022 et en 2024 sans que ça ne pose aucune difficulté », rappelle-t-elle. « Je sais que le monde journalistique adore essayer de jouer le jeu des sept différences (…) Mais nous avons les mêmes objectifs, le même projet », martèle Marine Le Pen.« Nous en discutons. Parfois, nous sommes amenés à faire des arbitrages. Nous le faisons ensemble. Nous entrons dans une série de réunions qui vont être nombreuses pour effectuer les derniers arbitrages » sur le programme qui sera porté dans quelques mois lors de l’élection présidentielle, ajoute la députée d’extrême droite.« La manière » de faire de la politique « n’est pas la même », a-t-elle aussi reconnu.Le Rassemblement national, ex-Front national, a déjà connu des divisions à l’approche des grandes échéances électorales. Avant les élections européennes de 1999, Bruno Mégret et de nombreux cadres du parti avaient fait scission en créant le Mouvement national républicain.En 2022, plusieurs responsables, dont l’ex-eurodéputé Gilbert Collard, avaient claqué la porte du parti pour rallier Éric Zemmour. Mais le Rassemblement national avait largement devancé le polémiste, se qualifiant au second tour avec 23,15 % des voix contre 7,07 % pour le patron de Reconquête !