En 2021, l’Irlandaise avait refusé, la traduction de son précédent livre par un éditeur pro-Israël. Cinq ans après, elle autorise la publication de son dernier roman par une maison israélienne respectueuse du BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions). L’autrice irlandaise Sally Rooney, très engagée pour le boycott d’Israël depuis le début du conflit israélo-palestinien. Photo Rex/Sipa Par Émilie Gavoille Publié le 21 mai 2026 à 16h40 Nouvel épisode dans le feuilleton relatif à Sally Rooney et à ses positions sur le conflit israélo-palestinien. Et la promesse d’une issue plutôt heureuse pour ses lecteurs hébréophones : la star des lettres irlandaises a déclaré, au cours d’un entretien croisé avec l’artiste irlando-palestinien Samir Eskanda paru dans les colonnes du Guardian, avoir accepté qu’Intermezzo, son dernier livre paru en 2024, soit traduit dans leur langue. Soutien de longue date de la cause palestinienne, l’autrice de Conversations entre amis et de Normal People, tous deux adaptés en séries télévisées (le second avec brio) et publiés en hébreu par Modan, s’était en 2021 opposée à voir son roman suivant, intitulé Où es-tu, monde admirable ?, traduit dans la langue officielle d’Israël, après avoir découvert que ledit groupe d’édition était « lié à l’armée israélienne », écrit le quotidien anglais. Par mesure de représailles, les deux plus grands réseaux de librairies Steimatzky et Tzomet Sefarim (près de deux cents points de vente à l’échelle nationale) avaient retiré les ouvrages de l’écrivaine de leurs rayons. C’est l’éditeur indépendant israélien November Books qui a raflé la mise. La romancière a indiqué que ce dernier avait présenté à son agent une proposition respectant les exigences du mouvement BDS — pour Boycott, désinvestissement et sanctions. Depuis 2005 et la seconde Intifada, ses militants protestent contre la normalisation de l’occupation israélienne en Cisjordanie, en faisant la promotion d’actions de boycott (notamment culturel). Ils comptent dans leurs rangs plusieurs artistes internationaux parmi ses défenseurs, des Britanniques Roger Waters et Ken Loach à la femme de lettres indienne Arundhati Roy et sa comparse irlandaise Sally Rooney, donc. À lire aussi : Sally Rooney, événement de la rentrée littéraire : “Tout ce qui m’arrive agit sur mon écriture” November Books n’est pas un acteur inconnu de la sphère éditoriale israélienne — la maison publie notamment les magazines indépendants + 972 Magazine et Local Call, aux rédactions composées de journalistes israéliens et palestiniens. Son site Internet la présente comme une structure « idéologique [ayant] pour objectif de faire entendre des voix alternatives qui ne bénéficient pas d’une visibilité suffisante dans la sphère publique israélienne » et c’est le seul acteur de l’édition locale à n’être pas dans le collimateur du BDS. Il « n’opère pas dans les colonies israéliennes illégales, ne reçoit aucun financement de l’État israélien et reconnaît explicitement les droits légitimes des Palestiniens, y compris le droit au retour des réfugiés palestiniens », résume le Guardian en rapportant des propos de Sally Rooney. À lire aussi : De Sally Rooney à Kneecap : l’engagement pro-palestinien, une affaire très irlandaise À lire aussi : “On peut boycotter Israël, mais intelligemment et politiquement” Livres Conflit israélo-palestinien Édition Israël Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner
“Intermezzo”, de Sally Rooney, bientôt traduit en hébreu par un éditeur ne recevant aucun financement de l’État israélien
En 2021, l’Irlandaise avait refusé, la traduction de son précédent livre par un éditeur pro-Israël. Cinq ans après, elle autorise la publication de son dernier roman par une maison israélienne respectueuse du BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions).










