Les Cubains exprimaient surprise et indignation après l’inculpation mercredi par la justice américaine de l’ex-président cubain Raúl Castro dans un dossier qui date de plus de 30 ans, dernier avatar des tensions exacerbées entre La Havane et Washington.Raúl Castro, frère du défunt Fidel Castro, l’ennemi juré de Washington, a été inculpé de complot en vue d’assassiner des Américains en 1996. Deux avions civils pilotés par des opposants au dirigeant cubain avaient été abattus, faisant quatre morts, selon l’acte d’accusation.« Ce n’est pas vraiment une simple allégation, une véritable accusation datant d’il y a plus de 30 ans, mais plutôt une attaque publique contre une personnalité publique », estime Fabian Fernandez, comptable de 30 ans à la Havane, à l’AFPTV.« Ce que fait le gouvernement américain ici, sans parler du blocus énergétique qui nous empêche de recevoir du carburant, franchement, c’est criminel, c’est injuste », dénonce de son côté Pedro Leal, retraité de 65 ans.Selon le journal officiel Granma, les organisations de masse appellent à un rassemblement vendredi matin « pour condamner l’acte méprisable et infâme » du gouvernement américain. « Ni les menaces, ni le blocus, ni l’encerclement énergétique, ni les fausses accusations ne seront capables de briser la volonté de tout un peuple dans la défense de sa Révolution ».À 94 ans, Raúl Castro, qui demeure l’incarnation du pouvoir communiste à Cuba, était ministre de la Défense au moment des faits. Quant aux opposants abattus, ils faisaient partie d’une association anticastriste, baptisée « Brothers to the Rescue » (« Les Frères à la rescousse »).Mercredi, Donald Trump a qualifié l’inculpation de « très grand jour », tout en estimant qu’une « escalade » n’était pas nécessaire. « Cet endroit est en train de tomber en ruines », a-t-il assuré.
Les Cubains outrés par l’inculpation de Raúl Castro par les Américains
Des organisations appellent à un rassemblement vendredi «pour condamner l’acte méprisable et infâme» de Washington.











