(Crédit photo: Sciencedaily)
La NASA a développé des processeurs autonomes pour engins spatiaux, avec des niveaux de puissance de calcul nettement plus élevésCette nouvelle puce durcie contre les radiations offre une capacité de traitement plusieurs centaines de fois supérieureLes délais de communication dans l’espace profond renforcent le besoin de systèmes de décision autonomes embarquésLe célèbre avertissement sur les machines autonomes lancé par le film 2001, l’Odyssée de l’espace en 1968 semble avoir disparu de la mémoire de la NASA, à supposer qu’il ait un jour été pris au sérieux.L’agence spatiale développe désormais un nouveau processeur puissant, qui pourrait permettre aux engins spatiaux de prendre des décisions indépendantes lors de missions dans l’espace profond.Dans le cadre du projet High-Performance Spaceflight Computing (HPSC), cette technologie vise à réduire la dépendance aux contrôleurs basés sur Terre, aujourd’hui confrontés à de longs délais de communication.Un bond en avant pour la puissance de calcul spatialeLa NASA affirme que sa nouvelle puce durcie contre les radiations offre jusqu’à 100 fois plus de puissance de calcul que le matériel actuellement utilisé dans les vols spatiaux. Les premiers résultats de tests ont même montré des niveaux de performance environ 500 fois supérieurs à ceux des processeurs existants protégés contre les radiations.« En s’appuyant sur l’héritage des précédents processeurs spatiaux, ce nouveau système multicœur est tolérant aux pannes, flexible et extrêmement performant », a déclaré Eugene Schwanbeck, responsable de programme au NASA Langley Research Center.Tout processeur destiné à l’espace profond doit résister à des radiations électromagnétiques extrêmes et à de fortes variations de température.Les particules à haute énergie émises par le Soleil peuvent facilement provoquer des erreurs informatiques, qui obligent les engins spatiaux classiques à passer en « mode sans échec ».Les ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory de la NASA soumettent le prototype à des simulations particulièrement exigeantes de ces conditions.« Nous mettons ces nouvelles puces à rude épreuve avec des tests de radiation, de chaleur et de choc », a expliqué Jim Butler, chef du projet High Performance Space Computing au JPL.La puce doit aussi gérer les défis très spécifiques des atterrissages planétaires, sans intervention humaine.Ces progrès spectaculaires soulèvent une question légitime sur la manière dont les ingénieurs ont envisagé les risques potentiels liés à des machines réellement autonomes.L’autonomie face au fantôme de HALLes amateurs de science-fiction y verront peut-être aussitôt une référence à 2001, l’Odyssée de l’espace, où un ordinateur pensant nommé HAL dysfonctionne tragiquement dans une histoire devenue mise en garde contre le fait d’accorder trop d’autorité indépendante à des machines sur des vies humaines.La NASA imagine désormais des engins spatiaux capables de traiter instantanément des données scientifiques et de réagir à des dangers imprévus sans attendre les instructions venues de la Terre.L’agence teste la capacité de la puce à gérer des scénarios d’atterrissage très réalistes, qui exigeraient normalement du matériel très énergivore pour traiter d’immenses volumes de données issues de capteurs.Il faut reconnaître que les engins spatiaux modernes reposent déjà sur des systèmes automatisés pour de nombreuses fonctions de routine.La différence tient ici à l’ampleur de l’autonomie et à l’utilisation de l’intelligence artificielle embarquée pour des décisions critiques de mission.La collaboration entre la NASA et Microchip Technology a déjà permis de produire des puces d’essai destinées à des partenaires du secteur de la défense et de l’aérospatiale commerciale.Le processeur final pourrait, à terme, accompagner des missions habitées vers la Lune et Mars, où des délais de communication de plusieurs secondes rendraient impossible un contrôle humain en temps réel.Reste à savoir si ce saut technologique ouvre la porte à des risques imprévus. Après tout, la célèbre réplique de HAL, « Désolé, Dave, cela ne sera pas possible », partait elle aussi des meilleures intentions d’ingénierie.Via ScienceDailyLa NASA a lancé un outil gratuit aussi malin qu’addictif pour créer votre propre image satellite personnaliséeLa NASA autorise enfin les smartphones dans l’espace avec Artemis IILa Lune comme vous ne l’avez jamais vue : Artemis II franchit un cap















