Monde EuropeL'édito Erasme. Plutôt que de recourir à un protectionnisme nuisible, les Vingt-Sept devraient s'attaquer aux handicaps structurels de l'économie européenne. Publié le 10/03/2026 à 06:00bookmarkLa présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le 24 février 2026.REUTERS"Acheter européen" : l’idée est révolutionnaire pour l’Union européenne, biberonnée depuis des décennies au libre-échange. Elle inspire les dernières propositions de la Commission visant à protéger l’industrie du continent des ravages de la concurrence déloyale chinoise. Le principe consiste à réserver l’argent public, qu’il soit distribué sous forme de subventions, d’aides d’Etat ou de marchés publics, aux produits fabriqués en Europe. Le projet est séduisant mais périlleux. Car plus les règles seront contraignantes, plus elles désavantageront l’économie et donc les consommateurs.Primo, attention au risque de se tirer une balle dans le pied. Le commerce international est l’un des rares domaines où l’Union est une puissance qui compte dans le monde. Elle enregistre chaque année un excédent commercial, qui peut atteindre des montants colossaux : 150 milliards d’euros en 2024, dernière année connue. Le libre-échange enrichit les Européens. S’engager dans la voie protectionniste favorisée aujourd'hui par les Etats-Unis et la Chine, c’est risquer de tuer la poule aux œufs d’or.
Préférence européenne : les illusions d’un projet d’une complexité folle
Plutôt que de recourir à un protectionnisme nuisible, les Vingt-Sept devraient s'attaquer aux handicaps structurels de l'économie européenne.






