Trois grandes silhouettes se distinguent à l’horizon, au large du Barcarès (Pyrénées-Orientales) et de Port-la-Nouvelle (Aude). Ce sont les éoliennes flottantes de la ferme pilote EFGL, portées par Ocean Winds. Installées à 16 km de la côte, « elles viennent d’entrer en production. D’une puissance de 10 MW chacune, elles couvrent les besoins annuels en électricité de 50 000 habitants, soit l’équivalent de la ville de Narbonne », indique Jérémy de Barbarin, directeur de projet.Si les pales géantes tournent désormais, c’est aussi sous l’eau qu’il va se passer beaucoup de choses. En effet, 34 structures métalliques ont été fixées sur le flotteur de l’une des trois éoliennes pour servir de nurserie artificielle à l’ensemble de l’écosystème marin. « On les appelle des BioHut. Il n’existe pas d’autres installations de ce type sur une éolienne au monde », indique Gilles Lecaillon.Pour le fondateur de l’entreprise héraultaise Ecocean, à l’origine de ces Nid (Nature Inclusive design), l’étape est décisive. « Il nous a fallu huit ans pour convaincre Ocean Winds d’apporter un peu de complexité à son flotteur. Nous avons d’abord testé le dispositif sur des bouées installées à 15 et 30 km du rivage. Nous avons relevé la présence de nombreuses espèces côtières, alors que nous sommes au large, et d’une grande diversité fonctionnelle », se réjouit Gilles Lecaillon.Un projet pilote pour confirmer l’impactParmi les espèces repérées lors de ce test : des oursins, des coquilles Saint-Jacques de Méditerranée, des mérous, des poulpes… Cette fois-ci, le dispositif change d’échelle, installé sur un flotteur mesurant 80 m de côté, contre le 1,5 m de diamètre des bouées test. Pendant les quatre prochaines années, l’évolution des BioHut va être étudiée à la loupe afin de mesurer l’intérêt écologique d’une telle installation.« Nous avons toujours voulu faire de ce projet pilote une référence environnementale. Cette installation doit permettre de confirmer l’effet récif des BioHut en le comparant à un autre flotteur non équipé », abonde Jérémy de Barbarin, convenant aussi que si l’impact positif se confirme, cela devrait aussi contribuer à une meilleure acceptation de ces installations offshore. Et donner des idées à d’autres énergéticiens, « qui sont très attentifs à ce que nous faisons », assure Gilles Lecaillon.
Oursins, mérous, poulpes… Au large du Barcarès, le flotteur d’une éolienne a été transformé en nurserie pour la biodiversité
Visibles depuis la côte du Barcarès (Pyrénées-Orientales) et de Port-la-Nouvelle (Aude), trois éoliennes produisent depuis peu de l’électric










