« Heureusement que les Robin.e.s des Bennes existent », ne peut s’empêcher de s’exclamer Sandrine, 54 ans, d’Amiens (Somme), venue en bus. Comme elle, l’autre week-end, 705 personnes ont passé la porte de la salle de conférences de l’Auberge de jeunesse d’Amiens pour participer à la Freeperie 100 % gratuite, comme son nom l’indique, et 100 % récup organisée par l’association les Robin.e.s des Bennes.Dehors, plusieurs dizaines de personnes font la queue sous un franc soleil pour profiter des vêtements usagés proposés : « Parfois, elles peuvent attendre deux heures », souligne Julie Drouet, chargée de projet volet vestimentaire à l’association, épaulée durant deux jours par 25 bénévoles. Il faut avouer que le concept a de quoi plaire.La friperie baptisée Freeperie est accessible à tous sur présentation de la carte d’adhésion à l’association Robin.e.s des Bennes. Elle est proposée au tarif modique de 2 euros pour les plus de 16 ans et le « shopping » limité à un sac cabas gratuit non fourni par personne et par jour. Un sac cabas supplémentaire est proposé à 2 euros. Le tout est savamment orchestré, réapprovisionné et organisé par âge, genre et taille.« Ça me permettra d’acheter plus dans l’alimentaire »En parallèle, les dépôts de vêtements souvent de seconde main sont autorisés sur les heures d’ouverture de la Freeperie. Sur les deux jours, 853 kilos de vêtements ont été reçus et 2 308 kilos ont été donnés. Parfois, comme pour les enfants, il s’agit de vêtements déjà achetés sur place et devenus trop petits.« J’ai du mal à trouver des vêtements à ma taille en 46-48, confie Sandrine, tout en continuant de fouiller dans les cartons dédiés aux dames. Comme je suis handicapée, c’est compliqué de faire les magasins. Je viens de trouver un manteau et un pantacourt pour moi ainsi qu’un haut pour ma nièce de 4 ans. Ça me permettra d’acheter plus dans l’alimentaire. »Croisée au rayon enfants, le plus prisé, Adeline, 36 ans, maman d’un garçon de 10 ans et d’une fille de 14 ans, venue à pied avec des voisins, s’exclame : « La vie est chère et de plus en plus compliquée. Les enfants grandissent vite et ne mettent leurs vêtements que quelques mois. La Freeperie va nous faire gagner du pouvoir d’achat. On pourra s’offrir un petit plaisir en famille. »Plus loin, Elioth, 7 ans, fouille dans un carton. Il en sort un beau polo à manches longues de marque qu’il tend tout fier à sa grand-mère. Elle a déjà fait le plein de trouvailles notamment pour ses deux autres petites filles de 3 ans : « Je viens depuis les débuts en 2024, raconte Josiane, 63 ans. On découvre de jolies choses et pas cher. Je suis venue en bus. Un de mes fils va arriver en voiture pour déposer des vêtements. La Freeperie est une bonne initiative. Échanger des vêtements, on le faisait déjà en famille. Pas spécialement par besoin financier. C’est une logique de vie. »La prochaine Freeperie se déroulera les 29 et 30 mai prochains. Difficultés sociales, philosophie de l’antigaspillage… chacun a de bonnes raisons de pousser la porte de la Freeperie. Parfois, les visiteurs ne repartent qu’avec quelques articles : « Il y a de plus en plus de monde, constate Julie Drouet. Les gens sont issues de tous les milieux. Ceux qui n’ont pas le choix ou sont juste au-dessus des seuils et n’ont le droit à rien sont les plus nombreux », constate-t-elle, consciente que la freeperie est devenue un rendez-vous indispensable.
« Une logique de vie » : à Amiens, la « freeperie » 100 % gratuite et 100 % récup est devenue indispensable
Jusqu’à 850 personnes par week-end profitent de ce rendez-vous donné par les Robin.e.s des Bennes. Une initiative antigaspillage qui permet










