Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Vie étudiante Vie étudiante Vie étudiante Tribune Julien Meimon Chercheur en science politique Dans une tribune au « Monde », Julien Meimon, président de l’association d’aide alimentaire Linkee-Entraide étudiante, conteste la pertinence de la mesure entrée en vigueur le 4 mai, et souligne l’urgence à privilégier des dispositifs plus efficaces. Publié aujourd’hui à 05h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés La précarité étudiante nous a sauté aux yeux en 2020, lorsque la France confinée en raison du Covid-19 découvrait les files d’attente interminables aux distributions de colis alimentaires. Elle est pourtant ancienne et bien ancrée, documentée par les travaux de recherche, dénoncée par les syndicats. Mais la crise sanitaire a plongé brutalement dans la misère des cohortes d’étudiants dont l’équilibre économique tenait à 50 ou 100 euros par mois. Les images de ces files d’attente ont choqué, jusqu’à devenir un enjeu politique contemporain : le sacrifice d’une génération privée d’insouciance. C’est dans ce contexte qu’a fleuri l’idée de proposer à tous les étudiants, précaires ou non, des repas du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) à 1 euro. Ce dispositif, initialement réservé aux boursiers, avait déjà été élargi pendant la crise sanitaire, sans effet marquant sur la précarité étudiante si l’on en juge par l’affluence redoublée aux distributions de colis alimentaires menées par les associations. Fruit d’un accord politique assez large, en vue de l’adoption du budget 2026, cette mesure constitue-t-elle vraiment une avancée pour les étudiants précaires ? Rien n’est moins sûr. Commençons par ce constat : en France, on aide mal ceux qu’on a identifiés comme fragiles – les étudiants boursiers – car ce système de protection comporte trop d’effets de seuil, n’est pas indexé sur l’évolution du coût de la vie, et ses réformes successives en montrent les limites ; de plus, on ignore les étudiants précaires non boursiers, pourtant beaucoup plus nombreux. Aucune statistique d’ampleur ne permet à ce stade de quantifier le phénomène, même si les syndicats étudiants et associations d’aide s’accordent à penser que 30 % des étudiants sont en insécurité alimentaire chronique. Les universités et les Crous, les travailleurs sociaux, les parlementaires et les familles savent le poids de cette précarité et chacun connaît probablement dans son entourage un étudiant précaire. Pourtant, la précarité étudiante demeure en partie invisible. Il vous reste 64.99% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Les repas à 1 euro pour tous les étudiants permettent de se donner bonne conscience, sans que la mesure atteigne sa cible »
TRIBUNE. Dans une tribune au « Monde », Julien Meimon, président de l’association d’aide alimentaire Linkee-Entraide étudiante, conteste la pertinence de la mesure entrée en vigueur le 4 mai, et souligne l’urgence à privilégier des dispositifs plus efficaces.










