Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement M le mag M le mag On ne l'avait pas vu venir On ne l'avait pas vu venir On ne l'avait pas vu venir Chronique Guillemette Faure Dans sa chronique, Guillemette Faure met en lumière les transformations invisibles de notre époque. Cette semaine, la « friendflation », ou la flambée des dépenses liées aux rendez-vous de la vie amicale, qui sont particulièrement nombreux au printemps. Publié aujourd’hui à 06h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés L’an dernier, le Financial Times baptisait d’un mot nouveau, « friendflation », l’augmentation du coût de la « vie amicale ». Le journal oubliait de nous prévenir de sa saisonnalité : le mois de mai est un gouffre financier déguisé en bonheur collectif. Entre les mariages, les week-ends entre amis qu’il serait dommage de refuser, les verres en terrasse à ne pas rater parce qu’il fait beau depuis deux jours, la friendflation y atteint son pic annuel. C’est arrivé près de chez nous La friendflation est corrélée à la funflation : la flambée du coût des sorties (restos à planches mixtes, cocktails en quadrichromie, concerts à tenue coordonnée avec celle de la chanteuse). Dans une étude de juin, le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) notait effectivement que la consommation s’était déplacée des biens vers les expériences, les dépenses de loisirs ayant augmenté de 17 % en volume par rapport à 2019, quand celles consacrées aux biens reculaient de 4 %. La friendflation des beaux jours n’est pas genrée. Les unes se font dépouiller dans des ateliers céramique et des week-ends yoga entre copines, les autres reprennent des fameuses planches mixtes en terrasse. Ou inversement. La friendflation est aussi portée par la montée en gamme de tous les événements de la vie : depuis que les codes des mariages américains s’imposent à nous, le coût d’une noce a augmenté dans des proportions encore plus spectaculaires pour les invitées que pour les mariés (robes coordonnées, costumes couleur sauge de printemps, enterrements de vie de jeune fille dans des Airbnb avec Jacuzzi, billets de train ou d’avion en week-end rouge). On n’avait pas compris que toutes ces séries américaines qui nous exposaient aux baby showers (fêtes organisées avant la naissance d’un bébé où l’on offre des cadeaux à la future mère) et aux maids of honor (« demoiselles d’honneur ») assorties, étaient en fait des tutos. Il vous reste 63.02% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Cagnottes, week-ends entre potes… l’inflation du coût de l’amitié : « Personne ne veut être celui qui dit : “Mais c’est pas un peu cher tout ça ?” »
CHRONIQUE. Dans sa chronique, Guillemette Faure met en lumière les transformations invisibles de notre époque. Cette semaine, la « friendflation », ou la flambée des dépenses liées aux rendez-vous de la vie amicale, qui sont particulièrement nombreux au printemps.







