Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Cinéma Cinéma Cinéma Tribune Aurélie Pinto Sociologue du cinéma et de l’audiovisuel En menaçant d’exclure toute collaboration future avec les 600 professionnels du cinéma signataires de la tribune contre Vincent Bolloré parue dans « Libération », Maxime Saada laisse à penser que les inquiétudes exprimées étaient fondées, analyse, dans une tribune au « Monde », la sociologue du cinéma Aurélie Pinto Publié aujourd’hui à 10h29 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Une tribune signée par plus de 600 professionnels du cinéma a été publiée dans Libération, lundi 11 mai, à l’occasion de l’ouverture de la 79e édition du Festival de Cannes, haut lieu de consécration du cinéma français et international. Elle vise à dénoncer les menaces que le contrôle de la filière cinématographique par Vincent Bolloré fait peser sur la diversité des films, tant du côté de la production, par le biais de StudioCanal, que de la diffusion des films, notamment grâce à l’acquisition totale du réseau de salles UGC à l’horizon 2028. Si les professionnels du cinéma alertent régulièrement sur les dangers d’une concentration économique croissante (« Non à l’uniformisation des films ! »), c’est bien ici la rencontre entre contexte économique, « projet civilisationnel » de l’homme d’affaires réactionnaire et éventualité de l’accès au pouvoir de l’extrême droite qui est mise sur la place publique et pourrait, selon les signataires, mener à une « prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif ». La question de la liberté éditoriale est ainsi clairement posée : si elle ne semble pas aujourd’hui particulièrement mise à mal dans la politique de production et de distribution de Canal+, il ne fait pas de doute, dans l’esprit des signataires, que les ingérences pourraient devenir la règle, « le moment venu ». L’éviction d’Olivier Nora, PDG des éditions Grasset, le 14 avril, ou les tensions croissantes entre majorités municipales Rassemblement national(RN) et cinémas publics peuvent confirmer cette hypothèse. Pour dessiner un horizon probable du paysage audiovisuel et cinématographique français, les signataires auraient pu ajouter les sociétés « alliées » à ce projet « civilisationnel », comme Saje, distributeur de films « d’inspiration chrétienne » lié à la sphère Bolloré, ou des vidéos à destination des réseaux sociaux financées par l’homme d’affaires ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin. Lutte contre l’establishment Il vous reste 68.28% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Tribune anti-Bolloré : « La réponse du PDG de Canal+ pourrait bien être le signe que les pratiques changent »
TRIBUNE. En menaçant d’exclure toute collaboration future avec les 600 professionnels du cinéma signataires de la tribune contre Vincent Bolloré parue dans « Libération », Maxime Saada laisse à penser que les inquiétudes exprimées étaient fondées, analyse, dans une tribune au « Monde », la sociologue du cinéma Aurélie Pinto














