Toujours en veille sur les sujets d’actualité et notamment réglementaires, Philippe Savajols a pris le sujet de la facturation électronique à bras-le-corps il y a deux ans. « Ne pas subir mais accompagner les changements fait partie de mon style de management. J’ai rapidement compris que l’on pouvait faire de cette question une opportunité », raconte le PDG de cette PME spécialisée dans l’aménagement de bureaux, de commerce et d’hôtels installée à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).Avec un effectif de 85 salariés et 25 millions de chiffre d’affaires, Isospace devra, à partir du 1er septembre prochain, être en mesure de recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs. L’émission ne sera obligatoire pour elle qu’un an plus tard. Et des pièces comptables, Isospace en brasse environ 9 000 par mois. C’est dire si l’enjeu est de taille.« Le risque pour nous est que l’on n’ait pas les bons identifiants de nos clients, donc leurs numéros de Siren ou de Siret et que donc, nos factures soient rejetées par les plates-formes agréées dans le cadre de la facturation électronique. Et une facture rejetée est une facture non payée », détaille-t-il.Mettre à jour toutes les données clientsPour lancer ce chantier, Philippe Savajols a donc analysé les différents risques, audité son système comptable interne et pesé les avantages et inconvénients d’une plate-forme ou d’un nouveau logiciel comptable, avant d’opter pour la deuxième option. « En réalité, nous en avons profité pour basculer notre ERP (planification des ressources d’entreprise) vers un outil de CRM (logiciel de gestion de la relation client) capable de gérer ce sujet de facturation électronique. Le tout pour 100 000 euros d’investissement sur le logiciel auxquels il faut ajouter le temps passé pour mettre notamment à jour notre base de données clients », décompte-t-il.À voir aussiPour cela, Philippe Savajols a décidé de remonter sur les 18 derniers mois. « Il a fallu appeler les clients pour leur demander les bons numéros de SIRET ou SIREN en fonction des établissements pour lesquels nous avions travaillé. Certains découvraient la question de la facturation électronique lors de nos appels. Ils n’avaient donc pas nécessairement les éléments de réponse sous les yeux », témoigne-t-il. Des heures de mises à jour fastidieuses.Des nouvelles façons de travailler pour les chargés d’affairesPour les commerciaux d’Isospace, ce passage à la facturation électronique change également un peu la donne. « Dès l’établissement des devis, les chargés d’affaires doivent être plus précis pour renseigner les données administratives des prospects. Et on ne va pas se mentir, ça les barbe. J’ai dû faire preuve de pédagogie en expliquant les risques. Si les factures n’arrivaient pas à bon port, elles ne seraient pas honorées. Ce qui impacterait la trésorerie, notamment pour le paiement des salaires », illustre le dirigeant d’Isospace, content que le message soit bien passé.Pour les trois salariés en charge de la comptabilité, cette facturation électronique n’impactera pas directement leur productivité. « Nous avions déjà développé une IA comptable capable de rapprocher une facture d’un bon de commande. Si tel était le cas, elle était immédiatement prévalidée. En revanche, le principal avantage de la facturation électronique sera l’horodatage. Là, on va avoir la date et l’heure de réception de la facture par les clients. Ils ne pourront plus dire qu’ils ne l’ont pas reçue. Cela donnera plus de poids à nos relances », conclut-il, confiant pour le 1er septembre 2026 mais surtout 2027 quand son entreprise devra obligatoirement émettre des factures électroniques.
Avec 9 000 factures par mois, Isospace est prêt pour la révolution de la facturation électronique
Depuis deux ans, cette entreprise monte en puissance sur la facturation électronique. L’enjeu est de taille : elle en émet chaque mois une é















