Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Cryptomonnaies Cryptomonnaies Cryptomonnaies Tribune Jean Meyer Fondateur et PDG de Deblock Pierre Morizot Fondateur et PDG de Waltio Damien Patureaux Fondateur et PDG de Lyzi Les transactions opérées en ligne par des agents IA explosent, et elles sont le plus souvent réglées en stablecoins. En maintenant une règle d’impôts inadaptée de l’avis même de la Cour des comptes, la France risque de rester à l’écart de cette révolution financière et des recettes fiscales qu’elle peut précisément générer, estiment, dans une tribune au « Monde », trois acteurs français des cryptomonnaies. Publié aujourd’hui à 10h30 Temps de Lecture 3 min. Read in English Article réservé aux abonnés Les chiffres ont basculé sans bruit. Selon le dernier rapport « State of Crypto » du fonds américain Andreessen Horowitz, les stablecoins [des cryptomonnaies arrimées à des actifs, le plus souvent une monnaie « classique »] ont représenté 46 000 milliards de dollars de transactions sur l’année écoulée, soit près de trois fois le volume annuel de Visa et vingt fois celui de Paypal. Cela ne se discute plus : les stablecoins sont devenus la colonne vertébrale d’un nouveau système de paiement mondial. Ce système ne sert plus seulement aux humains : des agents IA autonomes peuvent ainsi réserver des billets ou acheter des données – ce qu’on appelle l’IA agentique. Le standard x402, développé par Coinbase, repris par Cloudflare, Google et Visa, désormais hébergé par la Linux Foundation, leur permet de payer en stablecoin avec une simple requête Web. En quelques mois, il a traité plus de 119 millions de transactions. Cette infrastructure se construit aujourd’hui, et elle se construit sans la France. 40 % à 75 % des volumes d’échange sur actifs numériques L’article 150 VH bis du Code général des impôts, conçu en 2019, n’est plus adapté : un détenteur français qui convertit ses bitcoins en EURCV (stablecoin euro régulé) ne déclenche aucune imposition. En revanche, lorsqu’il veut transférer ces EURCV sur son compte bancaire en euros, il déclenche un fait générateur fiscal et paie 31,4 % sur sa plus-value latente. Imaginez que chaque virement depuis votre compte PayPal vers votre compte bancaire déclenche une imposition. C’est exactement ce que produit l’article 150 VH bis aujourd’hui, alors même que la Banque centrale européenne reconnaît juridiquement les stablecoins régulés comme de la monnaie électronique. C’est absurde. Et l’effet est mécanique : les détenteurs français préfèrent rester en stablecoins plutôt que de rapatrier leurs gains en euros. Selon les estimations sectorielles, 40 % à 75 % des volumes d’échange sur actifs numériques transitent désormais par des stablecoins. Autant d’assiette fiscale qui dort hors du circuit bancaire français. Le manque à gagner annuel pour le budget est estimé entre 1 milliard et 3 milliards d’euros. Il vous reste 62.92% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« La France a six mois pour ne pas rater la prochaine vague industrielle de l’IA agentique »
TRIBUNE. Les transactions opérées en ligne par des agents IA explosent, et elles sont le plus souvent réglées en stablecoins. En maintenant une règle d’impôts inadaptée de l’avis même de la Cour des comptes, la France risque de rester à l’écart de cette révolution financière et des recettes fiscales qu’elle peut précisément générer, estiment, dans une tribune au « Monde », trois acteurs français des cryptomonnaies.














