Publié le 18/05/2026 22:32
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Face à la menace russe, l'Allemagne a pour ambition de devenir l'armée la plus puissante d'Europe, rompant définitivement avec sa doctrine établie après la Seconde Guerre mondiale. Le budget militaire allemand a augmenté de plus de 70 % depuis le début de la guerre en Ukraine. Le pays se réarme et met aussi les grands moyens pour séduire les jeunes et les pousser à s'engager.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Des civils de bon matin sur un terrain militaire, et peut-être bientôt de futurs soldats. Pendant quatre jours, des jeunes venus de toute l'Allemagne effectuent un stage découverte de la Bundeswehr, l'armée allemande. Ces stagiaires veulent savoir s'ils sont capables physiquement et mentalement de s'engager. "La difficulté, c'est le travail d'équipe. C'est ce que nous voulons.", explique un militaire. Comme des professionnels, ils doivent franchir des obstacles, se sortir des pièges, comme un fossé glacé.L'Allemagne, qui souhaite devenir l'armée la plus puissante d'Europe, a besoin de gonfler ses effectifs. Elle veut passer de 183 000 soldats actuels à 260 000 à l'horizon 2035, et 200 000 réservistes en plus. Certains des apprentis soldats semblent prêts à signer : "Depuis petit, c'est un rêve pour moi d'aller à la Bundeswehr. Ça m'a toujours fasciné.", confie l'un d'eux. Un autre ajoute : "Si la guerre devait éclater, je pense que nous devons tout faire pour nous défendre. Je veux me battre pour ma famille et ma patrie."Pour séduire ces jeunes recrues, l'armée allemande utilise les grands moyens : des affichages en 4 par 3 en ville, ou encore, des publicités avec des influenceurs sur les réseaux. Sans oublier l'argument financier ; un salaire minimum de 2 500 euros brut, soit 30 % de plus qu'en France. Pour Berlin, face à la menace russe, il faut montrer ses muscles. "Comme les autres pays de l'OTAN, nous devons respecter nos engagements. La guerre en Ukraine a rendu cette prise de conscience beaucoup plus forte, notamment en raison de notre proximité géographique avec le conflit.", estime le lieutenant-colonel Olaf Tiemann, responsable du centre d'accueil des troupes de l'armée de terre allemande.L'Allemagne investit aussi massivement dans l'armement. L'industriel Rheinmetall a même fait construire sur un site grand comme cinq terrains de foot la plus importante usine d'Europe de munitions : 350 000 obus y seront produits chaque année, se félicitait Mark Rutte, le secrétaire général de l'OTAN, le jour de l'inauguration. "C'est crucial, vraiment crucial, car les Russes et les Chinois développent leur industrie d'armement à un rythme effréné.", soulignait-il.En Bavière, d'autres sociétés aussi développent ce made in Germany, notamment dans les secteurs stratégiques des drones aériens. Chez ARX Robotics, on fabrique des engins terrestres, des drones à chenilles qui sont déjà utilisés sur les terrains en Ukraine. "En haut, nous avons ces caméras stéréo et, sur la droite, nous voyons le capteur de distance.", nous explique-t-on sur l'un des engins. Un mini-blindé peut transporter jusqu'à 500 kilos d'équipement : "Le robot avance à 15 km/h, ce qui est assez rapide lorsque vous le pilotez en forêt ou sur un terrain accidenté.", pointe Maximilian Wied, PDG et cofondateur d'Arx Robotics.Comme cette start-up, de nombreuses industries allemandes s'intéressent désormais au marché militaire. Pour Maximilian Wied, "cela montre clairement que la société comprend que nous avons besoin de plus de défense. Ce n'est pas qu'en vendant des voitures allemandes que nous garantirons notre succès économique à l'avenir."L'Allemagne a fait de sa défense sa priorité en investissant des centaines de milliards d'euros, un changement radical de sa politique, pour un pays qui s'impose désormais comme un acteur majeur de l'OTAN.









