Les quémandeurs de billets gratuits étaient plus nombreux qu’à l’habitude devant le Palais des festivals, dimanche en milieu de l’après-midi, quelques heures avant la séance officielle en soirée de Hope, superproduction sud-coréenne déjantée dont la projection de presse matinale avait déjà mis le feu aux poudres. Ceux que l’on surnomme affectueusement « mendiants élégants » affichaient comme toujours le sourire, malgré le soleil cuisant sur le parvis Pompidou, esplanade avare de zone d’ombre sur le boulevard de la Croisette, en face des célèbres marches.Accoutrés de tuxedos ou de robes de soirées, ces quémandeurs se distinguent par le carton brun ou la feuille de papier sommaire qu’il brandissent — parfois au-dessus de la tête —, et sur lesquels sont inscrits au crayon-feutre les titres des films pour lesquels ils espèrent obtenir le sésame. Car les projections sont presque exclusivement réservées aux 40 000 festivaliers accrédités (journalistes, professionnels du cinéma, distributeurs et personnalités VIP).Le seul moyen pour ces badauds chics d’obtenir un laissez-passer est ainsi de demander la charité à un détenteur de badge officiel ayant réservé sa place, mais contraint de l’annuler pour une raison ou une autre. Le festival encourage d’ailleurs fortement ses festivaliers à libérer leurs précieux billets réservés en ligne jusqu’à une heure avant la séance. Au bout de deux no-show, l’accréditation peut même être suspendue, l’organisation cannoise étant allergique aux sièges vides.Il y avait d’ailleurs quelque chose de paradoxal à voir tous ces Hope — espoir, en anglais — flotter devant le Palais. Ces non accrédités en tenue de gala symbolisaient en quelque sorte le grand public auquel le film est précisément destiné, pendant que les invités triés sur le volet s’apprêtaient à juger un blockbuster survitaminé qui leur était, somme toute, moins naturellement adressé.
«Hope» et «Moulin»: les monstres débarquent sur la Croisette
L’un des films les plus fous de l’histoire de la Sélection officielle électrise un festival en manque d’adrénaline.










