Détecter un vol à l’arraché, identifier un départ de feu, cibler immédiatement un individu qui sort un couteau de sa poche, repérer des malotrus qui déposent des ordures le long d’une route ou un passant qui fait un malaise… Voilà quelques-unes des possibilités qu’offre aujourd’hui la vidéosurveillance algorithmique (VSA), des caméras dopées à l’intelligence artificielle qui analysent les images grâce à des logiciels conçus pour détecter certaines situations.Expérimentées de manière exceptionnelle pendant les Jeux olympiques de Paris, elles sont toujours globalement interdites, même si les tests se multiplient ― ou sont prolongés ― dans certains secteurs. Mi-février, l’expérimentation de la VSA dans les commerces, pour identifier en temps réel les vols dans les magasins, a ainsi été votée à l’Assemblée. Le texte vient d’être repris et déposé sous forme d’amendement au projet de loi Ripost, examiné dès ce lundi 18 mai, dans l’après-midi au Sénat. Dans ce projet de loi consacré à la sécurité au quotidien, le gouvernement entend également reconduire et élargir l’expérimentation de la VSA… dans les transports en commun.Persuadés que le sujet sera largement au cœur des préoccupations de l’élection présidentielle, d’autres élus vont encore plus loin. « On voit bien que plusieurs propositions de loi misent sur l’élargissement de l’expérimentation de la VSA, secteur par secteur, que ce soit dans les magasins, les transports en commun ou pour identifier les plaques d’immatriculation, note le sénateur (Horizons) Pierre-Jean Verzelen. C’est un sujet qui bouge et qui suscite beaucoup d’intérêts ! Voilà pourquoi j’ai déposé ces derniers jours une proposition de loi pour autoriser plus largement l’usage de la vidéoprotection algorithmique dans l’espace public et privé. Je compte la proposer sous forme d’amendement au texte Ripost, pour mettre le pied dans la porte. »« La France ne peut pas rester à l’écart de cette évolution »Histoire aussi de lancer le débat, d’ici 2027. « La France ne peut pas rester à l’écart de cette évolution, poursuit l’élu, en précisant que la Belgique et le Royaume-Uni l’utilisent déjà. D’autant que les caméras existantes sont déjà pourvues de la technologie algorithmique. En pratique, cette modalité est simplement désactivée lors de l’installation des caméras. Son déploiement ne générera pas de coûts exorbitants. Toutefois, il est nécessaire de développer des logiciels français et européens pour ne pas se laisser dépasser par l’innovation asiatique et garantir la souveraineté numérique de la France. »L’usage de ces logiciels boostés à l’IA devra, selon la PPL, être autorisé par le représentant de l’État dans le département pour s’assurer de « son caractère nécessaire et proportionnel ». De quoi séduire de nombreux élus locaux ― 95 % des maires y sont favorables ― souvent friands à l’idée de s’appuyer sur ces nouveaux outils pour mieux quadriller leur territoire. Comme à Nice (Alpes-Maritimes), où des caméras de vidéosurveillance algorithmique balisaient les véhicules qui restaient stationnés plus de cinq minutes devant les écoles, avant que le Conseil d’État n’interdise cet usage à la municipalité.
Vidéosurveillance algorithmique : un sénateur propose de généraliser l’usage de caméras « intelligentes » dopées à l’IA
Une proposition de loi, déposée par le sénateur (Horizons) Pierre-Jean Verzelen, entend autoriser l’usage de caméras de vidéoprotection algo
















