MondeEuropeAsie - PacifiqueAmériquesAfriqueProche et Moyen-OrientRoyaume-Uni. Dans un pays épuisé, le populiste anti-migrants s'en prendrait aux institutions, aux digues juridiques et au consensus climatique. Avec un risque de chaos.Agnès C. PoirierPublié le 18/05/2026 à 05:45bookmarkLe chef du parti britannique Reform UK, Nigel Farage, s'exprime lors d'un rassemblement à Londres, le 9 janvier 2026REUTERSPendant longtemps, l'idée d'un Nigel Farage à Downing Street relevait de la comédie anglaise. Aujourd'hui, à Westminster, elle ne fait plus rire personne. Les percées électorales du parti d'extrême droite Reform UK dans les anciens bastions ouvriers du nord de l'Angleterre, l'autorité chancelante de Keir Starmer et la fragmentation du vieux système bipartisan rendent crédible un scénario autrefois jugé extravagant.Nigel Farage n'entrerait pas à Downing Street dans le fracas d'un putsch ou d'une révolution. Il y arriverait dans une atmosphère d'épuisement. Epuisement économique, après quinze années de stagnation des revenus, de services publics dégradés et d'explosion du coût du logement. Epuisement politique, dans un pays où conservateurs et travaillistes semblent avoir perdu jusqu'à la capacité à tisser un récit national. Epuisement culturel, enfin, dans une société britannique obsédée par l'immigration, fracturée territorialement et gagnée par le sentiment de déclassement.