Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement MATHIEU ASSELIN POUR « LE MONDE » Planète Planète Planète Eau Eau Eau Par Léa Sanchez Publié aujourd’hui à 11h30 Article réservé aux abonnés ReportageDans ce département, très affecté par le changement climatique, les nappes du sous-sol sont précieuses. D’autant qu’elles alimentent des cours d’eau servant à l’irrigation. Pour mieux comprendre leur fonctionnement, des hydrospéléologues les visitent. Y aurait-il un spectre dans la Tirounère ? A un peu plus de 60 mètres de profondeur, les flots bleutés de cette rivière souterraine virent soudainement au vert. Un vert très lumineux, qui tire sur le jaune, comme si une méduse étendait ses tentacules dans le courant. En une poignée de secondes, la coloration se répand dans les eaux alentour, puis disparaît avec elles dans les entrailles de la montagne. Point de surnaturel dans cette teinte éphémère : elle résulte d’une substance, la fluorescéine, déversée par trois hommes en baudrier et combinaison. « Elle est partie tout de suite », tant le flux est rapide, se réjouit l’un de ces hydrospéléologues. Ces professionnels de l’entreprise Tétraèdre Sud, mandatés par les autorités locales, cherchent à mieux connaître le sous-sol calcaire de ce massif du Fenouillèdes, dans le nord des Pyrénées-Orientales. Dans une autre grotte, où la rivière se jette dans un lac bleu turquoise, ils ont placé une sonde. Elle détecte les pics de concentration du colorant répandu en amont. Ce jaugeage permet de mesurer le débit de la Tirounère – d’environ 1 400 litres par seconde, en ce début de mai. L’information est précieuse pour comprendre les écoulements, un enjeu crucial dans ces terres méditerranéennes de plus en plus exposées aux sécheresses. « Pour l’instant, on n’en sait pas beaucoup sur cet énorme réseau aquifère », qui jaillit dans le fleuve Agly tout proche, observe l’hydrospéléologue Laurent Hermand, assis au milieu des roches. La lumière de son casque illumine, à ses pieds, un siphon dont on ne voit pas le fond. Le conduit de longueur inconnue – un plongeur l’a exploré sur une centaine de mètres – déglutit des eaux remontées des profondeurs. Il vous reste 76.85% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.