Dans une version décalée du film Les Oiseaux d’Alfred Hitchcock, des dizaines de paons se pavanent dans les rues d’un village italien, rendant les habitants fous avec leurs cris d’accouplement.On peut voir ces oiseaux, avec leur longue traîne irisée, perchés sur les toits et les clôtures de Punta Marina, un village balnéaire de la région d’Émilie-Romagne, près de Ravenne.Les prestigieuses mosaïques de la ville antique attestent de la présence des paons dans la région depuis des siècles. Bien qu’il n’y ait pas eu de recensement officiel dans le village, ces oiseaux seraient aujourd’hui 120 à Punta Marina où aucun prédateur ne semble les déranger.Mais pour Marco Manzoli, 81 ans, un chauffeur de bus à la retraite, il s’agit surtout de délinquants qui produisent beaucoup de crottes.
« Leur population a explosé en 30 ans et elle est désormais trop importante : ils perturbent le sommeil, gênent la circulation et salissent le sol avec des excréments qui ressemblent à de la crème glacée, dans lesquels on finit par marcher », a déclaré à l’AFPTV M. Manzoli.Non loin de là, six paons se promènent nonchalamment à un carrefour, contemplant leur reflet dans les voitures garées et les vitrines des magasins.« Les paons grimpent sur les voitures... et les griffent », ajoute M. Manzoli, craignant que « les touristes ne viennent plus en vacances à moins d’avoir un garage où garer leur voiture ».Le pâtissier Claudio Ianiero, 64 ans, a précisé à l’AFPTV que les paons vivaient depuis longtemps dans une pinède située derrière le village, mais qu’ils avaient commencé à chercher refuge contre les prédateurs en nichant dans les jardins de maisons abandonnées.« Là-bas, ils ont de nombreux ennemis naturels, comme les loups et les renards. Ici, en revanche, ils n’en ont aucun, et ils prolifèrent à un rythme difficile à contrôler », dit-il.Deux campsAlors qu’un paon s’approchait de la vitrine de la boulangerie, lorgnant les croissants au beurre exposés à l’intérieur, M. Ianiero a démenti les informations alarmistes relayées par les médias faisant état d’une invasion, d’une urgence sanitaire ou d’un exode forcé des habitants.Le pâtissier, qui compte parmi ses spécialités des biscuits en forme de paon, affirme que les habitants vivent en harmonie avec ces oiseaux depuis des années.











