La Ville de Terrebonne entend verser 189 500 $ à quatre personnes noires qui avaient déposé des plaintes de profilage racial à la suite d’interceptions routières. En vertu d’une entente conclue avec la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), la Ville s’est aussi engagée à mettre en place des mesures pour prévenir les comportements discriminatoires de la part de ses policiers.D’origine haïtienne, Pierre Marcel Monsanto avait été intercepté à de multiples reprises à partir de 2018 par des agents du Service de police de Terrebonne alors qu’il conduisait la voiture de sa femme. Sa cause avait été portée devant la Cour supérieure en 2023 par la CDPDJ, qui avait dénoncé le caractère répétitif de ces interceptions et le « harcèlement discriminatoire » dont aurait été victime M. Monsanto. Affirmant que ce dossier était « sans précédent », elle avait réclamé un dédommagement de 205 000 $ pour Pierre Marcel Monsanto. La Ville a finalement convenu de verser à celui-ci une somme de 140 000 $ en lien avec 14 interceptions, a-t-on appris mardi.Pour sa part, Jean-Emmanuel Blaise touchera 20 000 $ à la suite de deux interceptions. Ted Michel et Lindsay Germain auront droit de leur côté à 16 500 $ et 13 000 $ respectivement après avoir dénoncé leur interpellation par les policiers.L’entente hors cour, qui a été conclue à la fin de l’année 2025, permet donc de mettre un terme aux quatre procédures judiciaires intentées par la CDPDJ contre la Ville.La Ville, qui soutient que cette entente n’est pas une admission de responsabilité, dit vouloir concentrer ses efforts sur la prévention. Elle compte notamment, d’ici la fin de l’année, actualiser sa politique portant entre autres sur le profilage racial. Elle entend aussi offrir à ses policiers, à compter de l’automne, une formation en continu sur les notions de profilage racial et les biais inconscients. Elle procédera également à la collecte et à la publication des données anonymisées concernant « l’appartenance raciale perçue » des personnes faisant l’objet d’une interpellation policière.« Les policières et policiers du service de police de la Ville de Terrebonne sont professionnels et dévoués. La Ville souhaite leur donner des outils supplémentaires afin qu’ils puissent offrir le meilleur service à l’ensemble de la population », a commenté le directeur du Service de police de Terrebonne, Benoît Bilodeau, par voie de communiqué.De son côté, tout en saluant l’entente intervenue, la Commission promet de s’assurer que les engagements de la Ville en faveur de meilleures pratiques policières se concrétisent sur le terrain.