Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Océans Océans Océans Avec une savante pédagogie, le biologiste Bruno David entend rapprocher les lecteurs et lectrices d’un monde qui reste méconnu dans « Passion océan ». L’océanographe Marina Lévy et l’écrivain Olivier Poivre d’Arvor, eux, donnent une dimension plus politique aux questions soulevées par la mer dans « Quand l’océan s’éveillera ». Article réservé aux abonnés Livres. L’ancien président du Muséum national d’histoire naturelle Bruno David l’admet sans mal : il est difficile de « se débarrasser d’un costume de chercheur auquel on est tellement habitué, si confortable ». Dans Passion océan (Grasset, 256 pages, 20 euros), le biologiste, qui a participé à plusieurs grandes missions océanographiques, parvient pourtant à dresser un portrait très accessible du monde marin, encore largement méconnu du grand public. Le récit assume un ton personnel, familier même parfois, pour mieux nous emmener à la rencontre de « cette immensité fluide ». A commencer par le monde surprenant des grandes profondeurs. Le scientifique raconte sa descente dans le Nautile, le sous-marin jaune de la flotte océanographique de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer). Bruno David évoque un voyage « quasi initiatique » et décrit ce que l’on sait de la vie des organismes qui peuplent ces endroits lointains, soumis à la pression et à l’obscurité. « Pas besoin de crème solaire » pour la baudroie abyssale ou la pieuvre-ballon ! Origine du sel dans l’océan, intérêt des observations satellitaires, élévation du niveau de la mer, répercussions des bateaux innombrables en matière de bilan carbone comme de pollution sonore… Abordant des thèmes très divers, le chercheur fait œuvre de vulgarisation, en évitant la tentation de l’exhaustivité, d’autant plus attirante que les sciences océaniques sont vastes et les enjeux multiples, à la fois scientifiques et environnementaux mais aussi économiques, sociétaux et diplomatiques. Bruno David a, en cela, réussi l’exercice qu’il s’est imposé : partager sa fascination pour la multitude d’espèces qui peuplent l’océan et ses mystères persistants, dans une planète bouleversée par le changement climatique. Peut-être le scientifique aura-t-il du mal à permettre à ses lecteurs et lectrices de « poursuivre [leur] route sur une note d’espoir ». Oui, l’océan est résilient. Son immensité fait d’ailleurs effet de tampon dans la machine climatique qui se dérègle, signale le biologiste. Mais la lecture de ce texte très prenant, émaillé d’anecdotes, laisse en suspens de nombreuses questions et craintes, à la fois environnementales et politiques. Aux premiers rangs desquelles une interrogation cruciale : le monde marin pourra-t-il seulement attendre que l’humanité sache « le regarder, le traiter avec tout le respect qu’il mérite » ? Il vous reste 56.18% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
A la rencontre de l’océan, un monde fascinant mais fragilisé
Avec une savante pédagogie, le biologiste Bruno David entend rapprocher les lecteurs et lectrices d’un monde qui reste méconnu dans « Passion océan ». L’océanographe Marina Lévy et l’écrivain Olivier Poivre d’Arvor, eux, donnent une dimension plus politique aux questions soulevées par la mer dans « Quand l’océan s’éveillera ».






