« Mer intérieure », de Christophe Ono-dit-Biot, L’Observatoire, 238 p., 21 €, numérique 15 €.
Aimer la mer est une passion sans limite. Car, pour les humains qu’elle bouleverse, l’étendue liquide n’est pas simplement une partie du monde. Elle devient son origine et son énigme, sa palpitation et sa présence, si proches et si lointaines qu’elles demeurent insaisissables, même quand on s’y trouve tout entier immergé. Renouvelée et changeante, réelle et rêvée, la mer, offerte et secrète, se révèle inépuisable.
Ce que rappelle avec bonheur, dans Mer intérieure, le romancier, essayiste et journaliste Christophe Ono-dit-Biot. Depuis Plonger (Gallimard, 2013, Grand Prix du roman de l’Académie française, prix Renaudot des lycéens), une furieuse tendresse pour l’univers marin habite régulièrement ses livres. Cette fois, il propose, en hommage au large, une collection de souvenirs intimes et de découvertes aquatiques. Tout le charme de ce musée – personnel, sensible, ciselé – réside dans l’alliance continue, et réussie, de l’intime et du cosmique.
La tentation des abysses
Parce que la mer, « bibliothèque liquide », parle sans cesse, au-dedans comme au-dehors. Elle fascinait déjà le petit garçon du Havre pédalant le soir jusqu’à la falaise pour la contempler, « grise ou verte, calme ou agitée, sillonnée de cargos qui, dans la nuit qui tombait, jouaient les lucioles à l’horizon ». Son grand-père répare des bateaux, le berce d’histoires de pirates, pendant que son père l’accompagne, à marée basse, récolter dans le sable humide des créatures étranges.






