En dehors des podiums et des pages de magazines où elle est régulièrement convoquée, la marinière mène une vie parallèle – et pour le moins inattendue –, à travers des rendez-vous collectifs, de la Bretagne à l’Occitanie, activement relayés par la presse locale.

Le but ? Faire défiler, le temps d’une journée, la plus grande concentration possible de silhouettes en bleu et blanc, jusqu’à viser le « record mondial ». Et, pour valider la performance, les règles sont strictes : un seul résultat enregistré par ville et par an, des compteurs officiels et, surtout, des rayures obligatoirement horizontales.

Une confrérie de la marinière a même été créée pour superviser les opérations : 1 923 tricots rayés réunis sur le port de Roscoff, 1 279 à Trébeurden, 2 661 à Vic-Fezensac. En 2025, les rassemblements de ce genre se sont multipliés en France. Fin avril, cette année, Pézenas a mis la barre haut en réunissant plus de 4 000 exemplaires, pulvérisant ainsi les scores. « Le record du monde est tombé », annonçait de façon très sérieuse Le Midi libre, le soir de l’événement.

Rayonnement international

Solidement ancrée dans l’imaginaire français, la marinière est, par ailleurs, un produit d’exportation stratégique. Une quinzaine de fabricants, d’Armor Lux à Saint James en passant par Le Minor, ont transformé ce vêtement « en une arme de projection massive à l’international », soulignait Les Echos, à l’automne. Et de rappeler que Saint James était l’habilleur officiel du pavillon France à l’Exposition universelle d’Osaka, au Japon, en 2025. Forte d’un succès dans l’Archipel, où elle dispose déjà d’une dizaine de boutiques, la marque entend encore y accélérer son développement.