JEAN-MICHEL TIXIER POUR M LE MAGAZINE DU MONDE
D
ans la grande liste des vêtements susceptibles, à tort ou à raison, de diviser l’opinion, aux côtés des fourrures trop animales, des crop tops trop crop ou encore des uniformes scolaires trop réacs, il faut désormais, de toute évidence, citer les vestes de travail. Sur fond de lutte des classes, celles-ci génèrent en effet désormais un débat en appropriation sociale.
Originellement pensées pour les ouvriers, artisans et agriculteurs, les ancestrales vestes de travail ont en effet muté ces dernières années pour devenir un incontournable des garde-robes masculine et féminine. Qu’elles soient d’inspiration française (selon la matière et la couleur, on parlera de bleu de travail, de coltin, de moleskine…) ou américaine (on parlera alors de chore ou de barn jacket), elles se sont peu à peu imposées comme l’uniforme du peuple de l’open space et du MacBook.
Autrefois exclusivement portées dans l’exercice de métiers manuels éreintants, elles s’épanouissent aujourd’hui dans un environnement feutré où le vidage du marc de la machine à café fait office d’épreuve physique ultime. Autant dire que l’habit en question, réputé pour la robustesse de sa matière et la solidité de sa construction, ne risque guère de céder aux entournures sous l’effet des gestes mécaniquement répétés.






