Le chef de la junte malienne, Assimi Goïta (à gauche), assiste aux funérailles du ministre de la défense, Sadio Camara, tué à Kati dans l’attaque de sa résidence par un véhicule piégé, à Bamako, le 30 avril 2026. PRÉSIDENCE MALIENNE VIA FACEBOOK VIA REUTERS

La « grande mobilisation patriotique » n’a pas attiré les foules. Samedi 9 mai, les 5 000 places du stade Mamadou-Konaté de Bamako n’étaient pas toutes occupées pour le meeting organisé par la junte du général Assimi Goïta. Une affluence bien moindre que celle observée le 14 janvier 2022, quand des dizaines de milliers de Maliens s’étaient massés autour de la place de l’Indépendance de la capitale pour afficher leur soutien aux militaires au pouvoir.

Les attaques de grande ampleur menées conjointement par les djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM) et les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA), le 25 avril, à Bamako et dans différentes régions, n’ont certes pas abouti au but recherché : le renversement de la junte. Mais elles ont sérieusement ébranlé le pouvoir, le précipitant dans une phase de turbulences sans précédent depuis sa prise du pouvoir par un putsch, en 2020.

Bien qu’indéniablement résilient, le général Goïta, ancien commandant des forces spéciales, n’a jamais paru aussi faible. Le 25 avril, son pouvoir a été frappé en plein cœur, dans son fief de la ville garnison de Kati, à une vingtaine de kilomètres de Bamako. Son ministre de la défense et numéro deux de la junte, le général Sadio Camara, y a été tué dans l’attaque de sa résidence par un véhicule piégé.