Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Le Monde des livres Le Monde des livres Le Monde des livres Recueils de nouvelles étrangères Recueils de nouvelles étrangères Recueils de nouvelles étrangères Fantastique post-kafkaïen, horreur administrative, terreur bureaucratique… Le recueil « Teatro grottesco » montre à quel point son auteur sait saper, chez son lecteur, toute velléité de bonheur (sinon amer) ou de joie (sinon mauvaise). Article réservé aux abonnés « Teatro grottesco », de Thomas Ligotti, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Fabien Courtal, Monts métallifères, « Pb82 », 376 p., 24 €. A ère de fer, littérature de plomb ! C’est le credo qu’a fait sien Guillaume Mélère, meneur des éditions Monts métallifères, en créant sa collection « Pb82 », nom élémentaire du lourd métal dans le tableau de Mendeleïev, moins une collection qu’une déclaration de guerre totale à tous les tricoteurs d’historiettes bleu-layette, de romances rose-macaron et autres promoteurs de feel-gooderies douceâtres. Un asile de nuit pour des auteurs moins « feel bad » que « no way », témoins lyriques de cette impasse cauchemardesque qu’est l’insignifiant épisode biologique que représentent nos vies ici-bas. « De la terre sur la tête, et en voilà pour jamais », écrivait Pascal. On est là bien au-delà du plaisant pessimisme de principe ou de l’humeur noire, avec les victimes d’un exil existentiel que ne peuvent guère apaiser que les plus torturants cauchemars. La souffrance au secours du désespoir. Ont été déclarés dignes d’accéder à cette collection, aux sublimes couvertures signées par Ludovic Debeurme, le tchékiste Martin Harnicek, avec Viande (2024) et Albin (paru en janvier, 154 pages, 18 euros), classique postapocalyptique de l’horreur sociétale ; Griselda Gambaro, autrice de Gagner sa mort (2025) sur l’Argentine de la dictature ; et surtout, et avant tout, primus inter pares, le conteur et nouvelliste noir Thomas Ligotti pour Mon travail n’est pas terminé (2023) et, désormais, doté d’un troublant apparat violet irisé, Teatro Grottesco, un recueil de treize nouvelles prélevées sur l’entièreté de son parcours et offrant l’élixir de l’horreur ligottienne. Il vous reste 68.91% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Treize nouvelles pour découvrir Thomas Ligotti, grand nom de la littérature fantastique méconnu en France
Fantastique post-kafkaïen, horreur administrative, terreur bureaucratique… Le recueil « Teatro grottesco » montre à quel point son auteur sait saper, chez son lecteur, toute velléité de bonheur (sinon amer) ou de joie (sinon mauvaise).






