Le duo de fondateurs de la marque, le Français Loris Messina (à g.) et l’Italien Simone Rizzo, dans le bureau du second, le 20 mai. Au mur, une enceinte acoustique en forme d’oreille du designer Sam Stuart. MARTINA MAFFINI POUR M LE MAGAZINE DU MONDE

« I hate fashion » : le slogan, en lettres majuscules, éclate sur le paillasson d’une petite terrasse réservée au personnel. La mode ? Sunnei la vend et la raille, la produit et la moque, l’adore et l’abhorre, dans une relation d’amour-haine qui fait le sel de cette maison italienne, arty et sarcastique, fondée en 2014, à Milan. En février et en mars, pour prévenir les habitants de la ville que la boutique changeait d’emplacement, les équipes avaient imaginé des posters agrémentés de citations-pastiches façon parodies de magazines. « Le magasin dont vous n’aviez vraiment pas besoin », lit-on sur l’une d’entre elles, attribuée à la revue Vague.

Ainsi a été introduit, auréolé de second degré, Palazzina Sunnei, le magasin tout-en-un situé dans l’est de la ville lombarde. « Avoir un lieu à 360°, dans lequel on puisse à la fois vivre, créer et vendre, était notre objectif dès nos débuts. C’est ce qu’on avait fait à notre ancienne adresse, Via Vela, à partir de 2015 », rappelle le duo de fondateurs autodidactes, le Français Loris Messina et l’Italien Simone Rizzo, aujourd’hui séparés à la ville mais partenaires en affaires. Le développement de la marque et l’agrandissement des équipes les avaient néanmoins contraints à jongler entre plusieurs sites.