L

e mouvement Bloquons tout suscite, dans une rentrée sociale marquée par les annonces de mobilisations, effervescence et interrogations tant dans la sphère politique que médiatique. Dans un contexte d’instabilité gouvernementale, où les mémoires restent marquées par le mouvement des « gilets jaunes », ce nouvel appel à mobilisation est l’occasion d’interroger l’évolution des rapports au politique, dans le cadre des luttes sociales.

Si son principe demeure essentiel dans l’imaginaire démocratique et décisif dans la distribution du pouvoir, la pratique du vote a perdu en centralité aux yeux d’une partie des citoyens. En parallèle, la dernière décennie témoigne d’une intense vitalité des luttes sociales, marquée par le renouvellement et la diversification.

Diversification des formes d’abord. Des mouvements dits citoyens d’occupation de places publiques sont apparus dans le sillage de la crise économique de 2008. Parmi eux, les « indignés » espagnols en 2011, les mouvements Occupy aux Etats-Unis et en France Nuit debout en 2016 puis les « gilets jaunes » en 2018-2019.

A distance des syndicats