Justine Lévy (à gauche) et Jakuta Alikavazovic, à Paris, le 18 août 2025. LAURA STEVENS/MODDS POUR « LE MONDE »
« Il y a trop de mères. Le monde est saturé de mères, envahi par les mères, qu’est-ce que les gens font de toutes ces mères ? Et moi qui en rajoute », se désole, entre humour et désespoir navré, Justine Lévy dans Une drôle de peine. L’écrivaine continue d’y tourner autour de sa propre génitrice, Isabelle Doutreluigne (1950-2004), comme dans Le Rendez-vous (Plon, 1995), Mauvaise fille et La Gaieté (Stock, 2009 et 2015). Au seuil de cette rentrée littéraire « saturée de mères », « Le Monde des livres » lui a proposé d’échanger avec Jakuta Alikavazovic. Celle-ci ausculte une relation mère-fille dans Au grand jamais, qui se nourrit d’autobiographie, mais revendique d’autant plus son statut de roman qu’il envisage cette hypothèse : et si les enfants étaient les produits de fictions fomentées par leurs parents ?
« Au grand jamais » s’ouvre sur la mort de la mère de la narratrice et la découverte de son corps. « Une drôle de peine », sur l’enterrement de votre mère, Justine, il y a vingt ans. Pourquoi fallait-il commencer ainsi vos textes ?
Justine Lévy : C’était il y a vingt ans mais, pour moi, la violence de cette scène n’est pas du tout passée. Peut-être parce que j’évitais d’y penser frontalement, même si je ne pensais qu’à ça. J’ai fini par vouloir m’y confronter. Ce n’est pas par là que j’ai commencé à écrire ce livre, mais cela me semblait logique de débuter par ce moment, celui où cette peine très particulière a commencé.






