J
’ai toujours apprécié d’apercevoir les tableaux de Rosa Bonheur dans les murs du Musée d’Orsay. Ils me sont familiers et j’ai longtemps entretenu avec eux une relation distante et polie. Ce qui tempérait mon enthousiasme, c’était qu’ils me semblaient se limiter à la représentation d’immuables bovins dans la France éternelle.
Je connaissais aussi un peu la vie de Rosa Bonheur, sa personnalité, ses amours et amitiés. Et je n’arrivais pas à faire le lien entre les animaux représentés et l’audace de Rosa. Du moins de manière pérenne et sincère. La femme et l’artiste cheminaient ainsi côte à côte, sans se tendre la main.
J’avais beau réessayer avec tous les animaux de la création, rien n’y faisait. Ni ses lions, ses cervidés, ses moutons, ni ses chats ne me touchaient vraiment. Seul le regard de son petit renard avait failli m’apprivoiser.
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