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et été, à la Fondation Marguerite et Aimé Maeght [qui regroupe des milliers d’œuvres d’art moderne et contemporain, à Saint-Paul-de-Vence, dans les Alpes-Maritimes], en parcourant l’exposition « Art & Life » de la sculptrice britannique Barbara Hepworth (1903-1975), je découvre une femme engagée qui, comme d’autres artistes du collectif Abstraction-Création, estimait que la création et l’abstraction en particulier pouvaient participer à la transformation sociale et à la lutte contre le fascisme. Elle écrit en 1937 : « Le langage de la couleur et de la forme est universel et non réservé à une classe particulière… C’est une pensée qui donne la même vie, la même expansion, la même liberté individuelle à chacun. »

Je me surprends à me dire : « Voilà bien une pensée révolue, une pensée du XXe siècle », et je suis sidérée par ces mots énoncés dans le secret de mon cœur, bien plus sidérée que si je les avais proférés devant une assemblée. Alors je les profère, je les porte silencieusement en avant, je les écris dans cette tribune parce qu’ils me font honte et parce que j’ose croire qu’ils ne sont pas miens.

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