C’est la fin d’une « relation vieille de vingt ans », comme le soulignent les deux parties : au cœur de l’été, le Crédit coopératif a fermé les comptes bancaires de l’Union juive française pour la paix (UJFP), une association dite « antisioniste », fondée en 1994, qui dénonce le « génocide » en cours à Gaza et y mène des actions humanitaires.
Effective au 31 juillet, la décision remonte au mois de novembre 2024. La banque a ensuite laissé plusieurs mois de « sursis » à l’association, indique son président, Pierre Stambul. L’UJFP aurait aujourd’hui trouvé une nouvelle banque, qu’elle ne souhaite pas nommer, ainsi qu’un moyen de poursuivre son activité à Gaza.
Traditionnellement orientée vers le soutien aux paysans du territoire palestinien (financement d’un château d’eau, de canalisations, de pépinières…), cette action a été redirigée, après le début de l’offensive israélienne contre le Hamas à la suite des attaques terroristes du 7 octobre 2023, vers une réponse humanitaire d’urgence – livraison de tentes et de repas, soutien à la scolarisation…
Selon Pierre Stambul, 700 000 euros auraient ainsi transité des comptes français de l’association, depuis décembre 2023, vers l’enclave palestinienne. Un correspondant local, un certain « Abu Amir », étant chargé de superviser la distribution de ces fonds – un homme « très facile à identifier, qui n’a aucune tendresse pour le Hamas, mais que nous préférons ne pas exposer », affirme le président de l’UJFP, qui renvoie aussi aux comptes rendus réguliers détaillant l’utilisation des fonds.






