Des Palestiniens déplacés, portant des colis de la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), une organisation humanitaire privée soutenue par les Etats-Unis, reviennent des centres de distribution d’aide de Rafah vers leurs tentes, dans le sud de la bande de Gaza, le 29 mai 2025. - / AFP

La Gaza Humanitarian Foundation (GHF), récemment désignée par Israël pour coordonner l’aide dans le territoire palestinien, est au cœur d’une vive controverse. Alors que les agences humanitaires de l’Organisation des Nations unies sont empêchées d’agir, cette organisation a été propulsée sur l’avant-scène de la crise comme un « nouveau modèle d’aide » : ses distributions alimentaires sur le terrain se soldent pourtant presque chaque jour par un chaos mortel. Au sein de la communauté humanitaire de Genève, de nombreuses voix dénoncent une instrumentalisation et une militarisation de l’aide. « Tout semble indiquer que cette structure est une coquille vide, enregistrée ici pour le vernis humanitaire, mais très éloignée du droit humanitaire international, dont elle ne respecte pas les principes d’indépendance, d’impartialité et de neutralité », alerte Philip Grant, directeur de l’ONG Trial International, qui a saisi les autorités helvétiques pour qu’elles examinent la conformité de la GHF au droit humanitaire et suisse.