C
’est l’un de mes problèmes dans l’existence : je suis éperdue d’admiration pour Blaise Pascal tout en restant persuadée qu’il mépriserait totalement ce que je suis dans la vie. Je rêve de respect mutuel ; il ne cesse de m’en foutre plein la gueule.
En même temps, c’est le principe. Pascal est un apologiste. Son but n’est pas d’être en amitié avec le lecteur mais bien plutôt de le séduire, de l’embarquer et de le ramener là où, selon lui, il devrait se trouver : dans les parages de Dieu. Pour ce faire, il vous fait croire, tour à tour, que vous êtes naïf, demi-habile, dévot, misérable, agité ; il vous malmène, vous rabaissant, vous vantant, vous contredisant toujours, en somme, jusqu’à ce que vous soyez bien convaincu que vous êtes un « monstre incompréhensible ».
Quelles solutions ? Fuir comme s’il s’agissait d’un pervers narcissique ou d’un ex toxique ? L’ignorer ? Le combattre avec acharnement ? Rien ne me convient.
Lire la chronique d’André Comte-Sponville :







