E
n tant que fervente lectrice de Roland Barthes, j’ai longtemps entretenu une forme de complexe. Ses textes les plus sérieux et théoriques avaient tendance à me tomber des mains quand la moindre de ses notations intimes (sa haine des géraniums), personnelles (son goût pour la salade) me plongeait dans des abîmes d’admiration et de réflexion.
Est-ce vraiment raisonnable, cet inventaire de midinette ? N’a-t-il pas un côté « ce que j’admire le plus, chez Claude François, c’est son électrocution » ?
Assumons. Et intéressons-nous à l’une des choses, entre mille, qui me touchent dans ce que l’écrivain révèle de sa vie quotidienne : les conversations qu’il peut avoir avec sa boulangère, ou la fille de cette dernière, à propos des conditions météorologiques du jour.
« Ce matin, la boulangère me dit : il fait encore beau ! mais chaud trop longtemps ! (Les gens d’ici trouvent toujours qu’il fait trop beau, trop chaud). J’ajoute : et la lumière est si belle ! » Rien de plus banal. C’est pourquoi la boulangère ne poursuit pas la conversation.






