Sonallah Ibrahim, à Toulouse, le 13 juin 2009. PHILIPPE MATSAS/OPALE
L’œuvre de Sonallah Ibrahim a marqué la littérature arabe, par son style et ses thèmes. Elle a raconté la société égyptienne, l’expérience carcérale ou l’idéal révolutionnaire de la gauche arabe des années 1960. Malade, l’écrivain égyptien est mort à l’âge de 88 ans, mercredi 13 août, au Caire.
Sonallah Ibrahim naît le 24 février 1937. Son père est issu d’une famille bourgeoise, sa mère vient d’un milieu plus modeste. Le Petit Voyeur (2008, Actes Sud) retrace en partie son enfance, rapportant le lien fort qu’il entretint avec son père. Les récits de Naguib Mahfouz (1911-2006), grand écrivain égyptien et Prix Nobel de littérature en 1988, aiguisent son envie d’écrire.
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Celle-ci va se concrétiser non pas derrière un bureau classique, mais à l’intérieur d’une prison. Etudiant en droit, Sonallah Ibrahim commence à militer clandestinement dans la mouvance communiste. Cela lui vaut, dans l’Egypte de Gamal Abdel Nasser (au pouvoir de 1956 à 1970), d’être arrêté en 1959 et détenu pendant cinq ans. L’anecdote est célèbre : l’écrivain conservera les papiers à cigarettes sur lesquels il écrivit lors de son emprisonnement. Nombre de critiques littéraires considéreront que cette expérience carcérale a été fondatrice de son style dépouillé.







