« Le silence est la perpétuation du crime, il le relativise, il lui ferme la porte du jugement et de la vérité et lui ouvre toute grande celle de l’oubli, celle du recommencement », écrit Boualem Sansal dans Le Village de l’Allemand, ou le Journal des frères Schiller (Gallimard, 2008). Ce récit décrit la découverte par deux frères germano-algériens du passé de leur père, ancien nazi caché en Algérie, massacré avec le reste de son village durant la guerre civile algérienne.
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Boualem Sansal, écrivain franco-algérien, condamné à cinq ans de prison en Algérie
Ce récit puissant établit des correspondances entre trois moments historiques éloignés les uns des autres, mais entre lesquels l’auteur fait des rapprochements : la Shoah, vue à travers le regard d’un jeune Arabe qui découvre la réalité des exterminations de masse ; la « décennie noire », celle des années 1990 et de la guerre civile en Algérie ; la situation des banlieues françaises à l’aube du XXIe siècle, gangrenées par les progrès de l’islamisme radical. Sur un triptyque aussi sensible, Boualem Sansal fait entendre la voix singulière d’un écrivain animé par une seule volonté, celle de « dire la vérité, partout dans le monde ».






