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’histoire n’est pas seule à se répéter. C’est malheureusement aussi le cas du commentaire, le plus souvent pour se précipiter dans les mêmes impasses.

A chaque fois que des mouvements d’extrême droite triomphent aux élections, les analystes ont tendance à se focaliser sur des causes purement locales. Ainsi, lors des récentes élections sénatoriales au Japon, où a émergé une formation complotiste dont le nom même (Sanseito, littéralement « parti faites-le vous-même ») renvoie aux populismes occidentaux. Il a de fait été question pour l’expliquer du vieillissement de la population, du protectionnisme américain, voire du prix du riz.

Toutes ces explications sont profondément insatisfaisantes. Il faut rappeler que le même parti gouverne au Japon sans discontinuer depuis la seconde guerre mondiale, à deux exceptions près, toutes deux extrêmement brèves et sans grande portée, car immédiatement résorbées. Ce n’est pas ce qui se donne à voir aujourd’hui. Non seulement le revers du parti au pouvoir est sans précédent, mais il ne profite en rien au centre-gauche comme naguère. Un concurrent xénophobe a surgi pour ainsi dire de nulle part pour capter la colère populaire.

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