Le livre. Aborder la vieillesse par le corps peut sembler relever de la gageure éditoriale. Souvent absent de l’espace public, le corps âgé dérange, et c’est bien la raison pour laquelle les membres de La Vie vieille assument avec aplomb de l’aborder de front.

Cette association, créée en 2021 dans la foulée de la pandémie de Covid-19, entend « peser sur les politiques publiques » liées au vieillissement. Sous la plume alerte de Catherine Vincent, ancienne journaliste au Monde et membre de La Vie vieille, Le Corps vieux (Michalon, 192 pages, 18 euros) restitue les travaux d’un de ses séminaires en une dizaine d’entrées qui sont autant d’étapes d’une exploration au carrefour de l’intime et du politique.

Le déni d’abord. Les vieux sont souvent les autres. La faute au biais cognitif joliment appelé « d’optimisme », qui nous fait ignorer l’âge de nos artères pour mieux conjurer l’angoisse de leur déclin. D’autant que le temps de la vieillesse s’est considérablement allongé pour qui connaît la chance d’être épargné par la maladie. L’ouvrage distingue ainsi les « jeunes vieux », à la retraite souvent active, des « très vieux » confrontés plus fréquemment à l’épreuve de la maladie.

Corps sexué et tabous