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l y a, dans la robe à fleurs, un fantasme de douceur. Une promesse aussi : celle d’un renouveau, en écho au retour du printemps qui fait souvent la part belle à l’imprimé fleuri. Les podiums de la saison en sont couverts : de Prada à Chloé en passant par Loewe, la robe à fleurs version 2025 est vaporeuse, comme prête à s’envoler au premier coup de vent. Ces délicates tenues évoquent, non sans une dimension morale, les femmes-fleurs croquées par Botticelli, Fragonard ou Renoir : dans ces toilettes, ces femmes se font aimantes, douces, tournées vers la contemplation ou le foyer.

Il convient cependant de ne pas condamner le motif fleuri trop vite. Prisée de nombreux créateurs, par ailleurs férus de jardins (Yves Saint Laurent, Christian Dior, Dries Van Noten…), la fleur sait se faire plus piquante. Comme lorsqu’elle recouvre, en 2012, la robe de Cécile Duflot, alors ministre de l’égalité des territoires et du logement.

A l’origine pourtant, rien d’extraordinaire : la femme politique a choisi, pour une allocution à l’Assemblée nationale, une robe aux manches trois quarts s’arrêtant au genou, taillée dans une étoffe blanche imprimée de motifs floraux bleu foncé. Mais à peine prend-elle la parole que des huées et des sifflets se font entendre.