Collier Kaleidoscope Lights, collection « Shapes of Extraleganza », Piaget. PIAGET
Ne négligez jamais le patrimoine ! Dans le luxe, le précepte est souvent seriné. Certaines maisons ayant dévié de leur trajectoire stylistique font parfois appel à des consultants qui viennent rappeler aux membres de l’entreprise l’essence même de la marque pour laquelle ils travaillent. Une manière, en donnant du sens au passé, de résoudre des blocages.
Stéphanie Sivrière, directrice de création chez Piaget, fondé en 1874, en convient : « Il y a eu des années où nous nous sommes un peu perdus. » Une autocritique pour celle qui est entrée chez l’horloger-joaillier suisse il y a vingt-trois ans. Présentée mi-juin au Séminaire conciliaire de Barcelone (Espagne), édifice néoroman ouvert en 1882 qui abrite aujourd’hui la faculté de théologie de Catalogne, la nouvelle collection de haute joaillerie rompt avec quelques crus commerciaux et convenus de ces dernières années, inspirés de la nature ou des astres.
Stéphanie Sivrière renoue avec l’hédonisme arty des années 1960 et 1970, l’âge d’or de la maison, durant lequel Yves Piaget, arrière-petit-fils du fondateur, dégainait des montres tape-à-l’œil revues par Salvador Dali, Andy Warhol ou Arman, et frayait, dans des coteries sélectes, avec l’intelligentsia. Ressusciter les « trente glorieuses » ? L’intention peut dérouter en 2025, tant l’insouciance de l’après-guerre semble lointaine. Mais le retour à l’esprit jet-set et jouisseur de Piaget, entité de Richemont depuis 1993, ne manque pas de charme. « Me replonger dans les archives des sixties, sous-exploitées jusque-là, m’a poussée à établir une proposition plus pointue », se réjouit Stéphanie Sivrière.








