Un berger et ses moutons à Khémisset, au Maroc, le 3 juin 2025. ABDEL MAJID BZIOUAT / AFP
Cette année, Fatima Kharraz peine à retrouver la ferveur de l’Aïd. Pour la première fois en près de trente ans, le roi du Maroc a appelé à renoncer au sacrifice des moutons en raison d’une sécheresse persistante ayant provoqué une baisse du cheptel. Au marché hebdomadaire de Khémisset, près de Rabat, les étals débordent de fruits et de légumes, les enclos abritent vaches et chevaux… mais aucun mouton à l’horizon. Une scène inhabituelle à quelques jours de l’Aïd, que les Marocains célébreront samedi 7 juin.
L’Aïd-el-Adha (fête du sacrifice), très populaire dans tous les pays musulmans, suit d’environ deux mois l’Aïd-el-Fitr, qui marque la fin du mois de jeûne sacré de ramadan. Même si le sacrifice n’est pas une obligation religieuse stricte, il reste très suivi au Maroc. Le 26 février, le roi Mohammed VI, qui a le statut de « commandeur des croyants » musulmans dans son pays, a appelé la population à renoncer au sacrifice, évoquant des « défis climatiques et économiques » ayant entraîné une « régression substantielle » du cheptel. Son père, Hassan II, avait pris une décision similaire en 1996.
« Nous ne ressentons pas l’enthousiasme habituel. C’est comme si la fête n’existait pas », confie à l’Agence France-Presse (AFP) Fatima Kharraz, 52 ans, à Khémisset. « Les prix du mouton étaient déjà élevés l’an passé » et « ça nous aurait coûté encore plus cher » cette année, admet-elle : « On n’aurait pas pu se le permettre. » En mars, le ministre de l’agriculture, Ahmed Bouari, rappelait qu’en moyenne, entre 5 et 6 millions de moutons sont sacrifiés chaque année dans ce pays de 37 millions d’habitants.












