S
i les vêtements peuvent en dire long sur ceux qui les portent, que penser du caleçon de bain, flottant entre le nombril et les genoux et évoluant parfois bien loin de la mer ? Là où le slip de bain souffre d’une image un peu ringarde, convoquant tout un imaginaire populaire incarné entre autres par Les Bronzés (1978), le caleçon, lui, couvre juste ce qu’il faut et devient de ce fait tout de suite plus distingué.
Du séducteur Armie Hammer dans Call Me by Your Name (2017) aux richissimes protagonistes masculins de la série The White Lotus (2021), il (dés)habille une catégorie d’hommes sûrs d’eux-mêmes et de leur physique. A l’instar des sauveteurs bodybuildés d’Alerte à Malibu (1989-2001), qui paradent en short de bain rouge sur les plages californiennes.
Si le corps des hommes n’a pas été aussi scruté et contrôlé que celui des femmes, il fut aussi soumis, pendant un temps, aux règles de pudeur en vigueur, qui imposaient de couvrir la poitrine au moins jusqu’au niveau des aisselles. « Les années 1920-1930 font apparaître de nouvelles cultures corporelles sur les plages. Plus tard, autour de Los Angeles, de Miami, puis dans le sud de la France, les codes de beauté du bain s’inspirent aussi des bodybuilders et des surfeurs, eux-mêmes influencés par le sport et Hawaï », note Audrey Millet dans Les Dessous du maillot de bain (Les Pérégrines, 2022).







