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amais à court de phrases percutantes, Karl Lagerfeld cultivait un grief particulièrement prononcé contre les vêtements confortables. Ainsi, le pantalon de jogging était pour lui « signe de défaite », le symbole que « vous avez perdu le contrôle de votre vie ». Qu’a-t-il pensé de la tong, longtemps réservée aux vacanciers – ou au confort feutré des spas – avant de déferler sur le bitume des grandes villes ?

Il est vrai qu’elle donne l’illusion d’un certain relâchement, entre le pied presque nu, la souplesse du caoutchouc ou du cuir qui la compose et, surtout, son bruit caractéristique qui en agace plus d’un. Un « clac-clac » entêtant, fruit de la semelle tapant contre le talon, qui lui vaut d’être appelée claquette par certains.

Sans revenir aux lointaines origines de la tong, il convient de rappeler le caractère international de cette dernière, que l’on retrouve aussi bien en Egypte qu’au Japon, où elle porte le nom de zōri ou de geta. C’est d’ailleurs la première qui aurait inspiré la création du modèle le plus connu au monde, produit au Brésil par la marque Havaianas. Cet accessoire doté de deux brides en Y fixées sur une semelle séduit grâce à son prix bas, sa simplicité, sa résistance et, surtout, sa facilité d’emploi. De quoi expliquer qu’elle ait fini par chausser les touristes du monde entier, qui en ont fait l’accessoire incontournable de leur garde-robe estivale.