Kelly Schaal (à gauche) et Camille Le Breton de La Perrière, associées du restaurant Jamrock, en 2024, à Paris. HARRY BOEKI

C’est une drôle de cabane de plage, avec de petites tables en bambou, un dallage en pierre de Luzerne et de vieux masques de plongée suspendus aux murs. Chez Jamrock, à Paris, deux trentenaires françaises aux racines jamaïcaines, la cheffe Camille Le Breton de La Perrière et son associée Kelly Schaal (épaulées par un autre complice, Vincent Durupt), proposent de découvrir une gastronomie caribéenne méconnue en métropole. Les assiettes métissées s’appuient autant sur des saveurs exotiques ébouriffantes que sur un savoir-faire très français : la cheffe s’est fait la main pendant une douzaine d’années chez le traiteur Fleur de Mets avant de se passionner pour des établissements bistronomiques (comme L’Amour et la Folie). Ce pari culinaire, doublé d’un projet politique – raconter l’histoire coloniale de l’île –, se solde par un stupéfiant succès dans un contexte morose : l’établissement affiche complet depuis son ouverture, en février.

Que signifie le nom du restaurant, Jamrock ?

Camille Le Breton de La Perrière : C’est une référence à une chanson de Damian Marley [le fils de Bob Marley], mais aussi la contraction de deux termes : jamming, qui signifie « faire la fête » en anglais, et rock, le « rocher », l’« île ». Nous invitons nos clients à découvrir la Jamaïque et sa culture, à commencer par le reggae des origines : celui de Bob Marley, Jimmy Cliff, Max Romeo…