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a Tunisie n’est pas simplement en crise. Elle est sous emprise. Depuis le 25 juillet 2021, Kaïs Saïed a installé un régime personnel, brutal, délirant, qui écrase tout sur son passage : les institutions, la justice, les libertés, les consciences. Il n’a ni programme, ni vision, ni boussole – rien qu’une haine froide, nourrie de vengeance, brandie comme unique projet politique.

Le président tunisien Kaïs Saïed assiste à une cérémonie de signature avec le président chinois Xi Jinping, au Grand Palais du peuple à Pékin, le 31 mai 2024. TINGSHU WANG / AFP

Sa parole ne construit rien. Elle démolit. Elle stigmatise, désigne, déshumanise. Elle fabrique des ennemis là où il n’y a que des citoyens, des traîtres là où il y a des opposants, des comploteurs là où il y a des voix libres.

Des discours creux, répétitifs, saturés de formules et de phrases en boucle tentent désespérément de masquer le néant : « Que le peuple tunisien soit rassuré… la Tunisie restera toujours la Tunisie », « Les lumières de la justice, de la liberté et de la dignité nationale illumineront chaque recoin de cette chère patrie ». Quand Kaïs Saïed promet, il ne fait que noyer sa faillite dans une grandiloquence indigeste.