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uand les stratégies tâtonnent, que la visibilité se réduit et que la compétition se durcit, l’Europe peut devenir un exutoire bien pratique pour certaines grandes entreprises. Il y a quelques jours, Stellantis (Fiat, Peugeot, Citroën, Chrysler) et Renault ont cédé à la tentation en fustigeant, sans beaucoup de nuances, la Commission européenne. Lente à la décision, prolixe à édicter des réglementations inutiles, déconnectée des réalités économiques, l’Union s’ingénierait à saboter un secteur automobile déjà fragilisé. Dans un entretien accordé au Figaro, John Elkann et Luca de Meo, les patrons respectifs des deux constructeurs, s’en sont donné à cœur joie, en éludant leurs propres responsabilités sur le marasme actuel du marché automobile.

« Les règles européennes font que nos voitures sont toujours plus complexes, toujours plus lourdes, toujours plus chères et que les gens, pour la plupart, ne peuvent tout simplement plus se les payer », déplore M. de Meo. Si l’on ne peut que partager le constat que nous faisions ici même, dès 2023, il est, en revanche, étonnant de transformer l’UE en bouc émissaire d’une situation qui a été en grande partie causée par les constructeurs eux-mêmes.